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Sidérurgie

Novasco, une aciérie en deuil, une souveraineté en lambeaux

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Mise à jour le 21 novembre 2025
Temps de lecture : 3 minutes

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Industrie Sidérurgie Emploi

Un seul site sauvé sur quatre. À Hagondange, dans la vallée de l’Orne, la colère se mêle à la stupeur. Ce mercredi, le tribunal de Strasbourg a examiné les offres de reprise du groupe sidérurgique Novasco, ex-Ascometal, placé en redressement judiciaire depuis août. Le verdict tombera lundi.

Le consortium français mené par Julien Baillon, Métal Blanc, présenté comme favori, ne reprendrait que le site de Leffrinckoucke, près de Dunkerque. Les trois autres — Hagondange (Moselle), Custines (Meurthe-et-Moselle) et Saint-Étienne — seraient liquidés. « C’est un gâchis phénoménal, une catastrophe sociale et industrielle », déplore Yann Amadoro, délégué CGT d’Hagondange. Moins de 150 emplois seraient sauvés.

Face au tribunal, les métallos mosellans ont manifesté dans le calme, mais avec la rage froide de ceux qu’on sacrifie pour la énième fois. « On est en deuil, on ne sait pas où on va aller », souffle Amar Mokrani, ouvrier depuis vingt ans sur le site. Le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, doit recevoir jeudi les représentants syndicaux. La question d’une nationalisation sera posée, tant le sentiment d’abandon est fort.

Derrière le drame social, une mécanique connue. Reprise en 2024 par le fonds britannique Greybull Capital, Novasco devait recevoir 90 millions d’euros d’investissements privés. L’État, lui, a versé ses 85 millions promis. Greybull n’a injecté qu’1,5 million. Un scandale. Après avoir vidé la trésorerie, le fonds s’est retiré, laissant une filière stratégique à l’agonie.

Car l’affaire dépasse le seul sort des salariés. Novasco fabrique des aciers spéciaux indispensables à l’automobile, à l’énergie ou à la défense. Sa disparition serait un non-sens industriel et écologique, dans un pays qui prétend relocaliser et verdir sa production. La sidérurgie française, déjà laminée par la flambée énergétique et le sous-investissement, perd encore un maillon de sa souveraineté.

À Hagondange, les salariés préparent désormais des actions de blocage. Non par désespoir, mais pour dire que l’acier n’est pas une marchandise comme une autre. Il est la matière du travail, du pays, de son avenir productif. Et chaque fournaise qu’on laisse mourir, c’est un peu plus de France qu’on met au rebut.

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