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Stop industriel

La justice enterre l’espoir d’une relance à Vencorex

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Mise à jour le 3 avril 2026
Temps de lecture : 4 minutes

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Industrie Luttes CGT Emploi

Le tribunal de commerce de Lyon a scellé le sort de la plateforme chimique de Vencorex ce mercredi 25 mars, en rejetant le dernier plan de reprise de 80 millions d’euros porté par d’anciens salariés et des entrepreneurs.

Au-delà des émois locaux que cela provoque, ce dénouement illustre la situation dramatique de l’industrie chimique française, frappée par une vague de fermetures. Retour sur une lutte acharnée La colère et la mobilisation couvent au Pont-de-Claix depuis septembre 2024, date de la mise en redressement judiciaire de Vencorex par son actionnaire thaïlandais. Face à une offre initiale indécente d’une filiale hongroise du groupe Wanhua, qui ne prévoyait de conserver que 5 % des effectifs (soit 25 salariés), les travailleurs ont répondu par une grève générale votée à l’unanimité. Le 1er octobre, près de 700 personnes défilaient pour sauver les emplois et éviter un effet domino redoutable : la fermeture du site menace 1 000 emplois directs et 5 000 emplois indirects dans le bassin industriel local. Cette lutte dépassait la seule question sociale pour toucher au cœur de notre souveraineté. Vencorex est un maillon indispensable pour des filières d’excellence : la plateforme approvisionne notamment Arkema en sel purifié, un composant crucial pour la production de perchlorate de sodium utilisé par ArianeGroup dans les missiles stratégiques de la…

Retour sur une lutte acharnée

La colère et la mobilisation couvent au Pont-de-Claix depuis septembre 2024, date de la mise en redressement judiciaire de Vencorex par son actionnaire thaïlandais. Face à une offre initiale indécente d’une filiale hongroise du groupe Wanhua, qui ne prévoyait de conserver que 5 % des effectifs (soit 25 salariés), les travailleurs ont répondu par une grève générale votée à l’unanimité. Le 1er octobre, près de 700 personnes défilaient pour sauver les emplois et éviter un effet domino redoutable : la fermeture du site menace 1 000 emplois directs et 5 000 emplois indirects dans le bassin industriel local.

Cette lutte dépassait la seule question sociale pour toucher au cœur de notre souveraineté. Vencorex est un maillon indispensable pour des filières d’excellence : la plateforme approvisionne notamment Arkema en sel purifié, un composant crucial pour la production de perchlorate de sodium utilisé par ArianeGroup dans les missiles stratégiques de la force de dissuasion nucléaire française. C’est précisément avec cet argument stratégique que le PCF et la CGT se sont battus, portant l’idée d’une nationalisation temporaire du site pour éviter la chute en cascade de toute l’industrie en aval.

Le démantèlement préféré à la relance

L’ultime espoir reposait sur le projet Exalia, mais le tribunal des activités économiques (TAE) de Lyon a jugé l’offre irrecevable ce mercredi 25 mars. En lieu et place d’une relance dotée de 80 millions d’euros de financement, le tribunal a validé la cession d’une partie des terrains à Suez et a attribué les installations à un ferrailleur. Une décision qui a provoqué un « écœurement inimaginable » chez les porteurs du projet, à l’image de l’ancienne déléguée syndicale Séverine Dejoux qui a fustigé le fait qu’« on préfère démanteler plutôt que se dire qu’il y a une chance que ce projet aboutisse ».

C’est dans ce climat de consternation que se sont tenues, dès le lendemain au Pont-de-Claix, les « assises du made in France » organisées par la CGT. L’ironie du calendrier est apparue particulièrement cruelle. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a d’ailleurs rappelé que le syndicat pensait y « fêter une décision emblématique », avant que la justice ne l’anéantisse. L’incompréhension est totale, d’autant que le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, était présent à cet événement alors même qu’il avait qualifié le projet Exalia d’« extrêmement sérieux » quelques mois plus tôt. Pour tenter de désamorcer la grogne, le ministre a annoncé des négociations « de gré à gré » avec les repreneurs, une mesure jugée nettement insuffisante par la CGT qui a profité de l’occasion pour réclamer le dépôt immédiat d’une offre de rachat par l’État.

Cette décision judiciaire et politique s’inscrit dans un naufrage plus vaste : la situation dramatique de la chimie française. Les dernières années s’apparentent à une hécatombe avec les fermetures ou réductions d’effectifs chez ExxonMobil, Solvay, Syensqo, AkzoNobel et ou encore récemment à Kem One. Partout dans l’hexagone, des luttes pour la souveraineté et l’emploi sont entamées ou sur le point de démarrer. La CGT a récemment recensé 546 plans de suppressions d’emplois entre 2023 et 2026, menaçant la bagatelle de 130 000 postes. Le constat est glaçant : 75 % de ces plans sociaux, soit 411 sites identifiés, frappent directement le secteur de l’industrie, laissant les travailleurs payer le prix d’un abandon généralisé de nos capacités de production.

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