En cause : l’ouverture par la direction d’un chantier de remise en cause des conditions de travail. Pour la CGT Cheminots, il s’agit ni plus ni moins d’un « catalogue de régressions sociales » visant à accroître la flexibilité au détriment de la sécurité et de la santé des agents. À lire aussi Stop industriel : La justice enterre l’espoir d’une relance à Vencorex Dans le viseur, l’accord temps de travail de 2016, pilier du cadre social du groupe. La direction entend, via la création de filiales de droit privé, introduire des dérogations massives : allongement des journées de service, réduction des temps de repos, remise en cause des week-ends garantis ou encore multiplication des prises de service délocalisées. « Les repos ne sont pas un privilège, mais une condition indispensable à la sécurité ferroviaire », rappelle la CGT. Derrière les paramètres techniques, il y a la fatigue, une vigilance affaiblie et, in fine, un risque systémique pour l’exploitation. Pour le syndicat, la logique est connue. Ce qui s’applique aujourd’hui dans les filiales a vocation à…catalogue de régressions sociales » visant à accroître la flexibilité au détriment de la sécurité et de la santé des agents.
Dans le viseur, l’accord temps de travail de 2016, pilier du cadre social du groupe. La direction entend, via la création de filiales de droit privé, introduire des dérogations massives : allongement des journées de service, réduction des temps de repos, remise en cause des week-ends garantis ou encore multiplication des prises de service délocalisées.
« Les repos ne sont pas un privilège, mais une condition indispensable à la sécurité ferroviaire », rappelle la CGT. Derrière les paramètres techniques, il y a la fatigue, une vigilance affaiblie et, in fine, un risque systémique pour l’exploitation.
Pour le syndicat, la logique est connue. Ce qui s’applique aujourd’hui dans les filiales a vocation à devenir la norme demain pour l’ensemble des cheminots. Une stratégie de contournement du cadre collectif, dénoncée comme une « déconstruction méthodique » du cadre existant.
Cette offensive intervient pourtant au moment où le secteur reprend de plus belle. La SNCF a affiché 43,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024, pour 1,6 milliard de bénéfice net. Le trafic progresse sur l’ensemble des segments, porté notamment par la grande vitesse et les TER.
Mais cette dynamique commerciale s’accompagne d’une pression supplémentaire pour les cheminots. La CGT dénonce des effectifs insuffisants, des suppressions de postes et des projets de mobilité interne forcée. « La direction prétend recruter, mais organise en réalité la baisse des emplois », accuse-t-elle.
Sur les salaires, le fossé se creuse aussi. Les mesures issues des négociations annuelles obligatoires 2026 sont jugées « infimes » face à l’inflation. « Le pouvoir d’achat des cheminots s’effondre », alerte la CGT, qui revendique une grille salariale unique et l’ouverture immédiate de négociations.
Le ton monte et la perspective d’une mobilisation nationale se précise. La fédération CGT des cheminots a déjà engagé une demande de concertation immédiate et appelle à un processus de mobilisation nationale unitaire.
« Nous ne négocierons aucun recul. La sécurité ferroviaire et la dignité des cheminots ne se discutent pas », prévient-elle. Dans un secteur en pleine relance, la direction joue une partie risquée. Car à mesure que les résultats remontent, la contestation, elle aussi, s’organise.