Les chiffres les plus récents confirment cette situation. Dans le secteur privé, les femmes perçoivent en moyenne 22 060 euros nets par an, contre 28 220 euros pour les hommes. L’écart atteint 21,8 % de revenu salarial. Autrement dit, à l’échelle d’une année, les salariées gagnent près d’un quart de moins que leurs collègues masculins.
Si l’on raisonne à temps de travail équivalent, l’écart se réduit mais demeure significatif. En équivalent temps plein, il s’établit autour de 14 %. Une différence qui s’explique en partie par la structure du marché du travail. Les femmes occupent plus souvent des emplois à temps partiel ou connaissent davantage d’interruptions de carrière. Mais les écarts ne disparaissent pas pour autant lorsque les situations sont comparables.
Des inégalités structurelles
Les études montrent que ces écarts résultent de plusieurs facteurs cumulés. Les femmes travaillent en moyenne 9 % d’heures en moins sur l’année, notamment en raison du temps partiel. Elles sont aussi moins présentes dans les postes les mieux rémunérés.
Dans le secteur privé, elles représentent 42 % des salariés, mais seulement 24 % du 1 % des emplois les mieux payés. À l’inverse, elles sont surreprésentées parmi les bas salaires.
Même à poste identique, dans la même entreprise, un écart subsiste encore. Il est estimé à 3,6 %, ce qui correspond à la part difficilement expliquée par les différences de carrière ou de temps de travail.
Sur le long terme, la tendance reste toutefois à la réduction. Dans les années 1990, l’écart de revenu salarial dépassait 30 %. Il se situe aujourd’hui autour de 22 %. Une diminution lente mais continue.
Une pression syndicale nécessaire
Pour les organisations syndicales, ces progrès restent insuffisants. Dans un communiqué commun publié à l’occasion du 8 mars, elles rappellent que « les inégalités entre les femmes et les hommes persistent dans nos entreprises et nos services publics ».
Les syndicats voient dans la transposition de la directive européenne sur la transparence salariale une occasion d’avancer. Celle-ci vise à « renforcer l’application du principe de l’égalité des rémunérations entre les femmes et les hommes pour un même travail ou un travail de même valeur ».
Les organisations réclament notamment l’égalité des rémunérations et des carrières, mais aussi la revalorisation des métiers à prédominance féminine, en particulier dans le soin, l’éducation ou l’accompagnement.
Car les écarts se prolongent bien au-delà de la vie active. « Pénalisées au travail durant leur carrière, les femmes le sont encore plus à la retraite », rappellent les syndicats.
Pour eux, la question dépasse largement le seul cadre salarial. Elle renvoie à l’organisation du travail, à la reconnaissance de certains métiers et à la place des femmes dans l’économie.