En une dizaine de jours, la progression est spectaculaire. Le gazole est passé d’environ 1,72 euro le litre le 1er mars à plus de 2 euros aujourd’hui, soit une hausse de près de 30 centimes (+17 %). L’essence a également progressé, avec environ 12 centimes supplémentaires sur la même période.
Dans plusieurs stations, les prix dépassent nettement les 2 euros le litre. À Charleville-Mézières, le gazole atteignait par exemple 2,109 euros dans une station de grande distribution, tandis qu’à Flins-sur-Seine certaines pompes affichaient plus de 2 euros pour l’essence.
« Si l’on compare le coût de production au litre des compagnies pétrolières, autour de 0,60 euro hors taxes, et les prix affichés en station, qui peuvent atteindre 2 euros le litre de gazole, on mesure l’écart », pointe d’emblée la CGT.
Une différence qui, selon elle, se retrouve directement dans les profits du secteur pétrolier, évalués à près de 200 milliards de dollars pour l’année 2025.
Une pression directe sur les salariés
La hausse des carburants pèse d’abord sur les travailleurs. « Chaque jour, des millions de travailleurs et travailleuses n’ont d’autre choix que d’utiliser leur voiture pour aller au travail », rappelle le syndicat.
La situation pourrait rapidement devenir intenable pour une large partie de la population. « La flambée des prix et le tassement des salaires depuis plusieurs années ne permettent pas de faire face à cette hausse fulgurante des prix du carburant », estime l’organisation.
Pour y répondre, elle réclame une augmentation générale des salaires, avec en priorité un salaire minimum porté à 2 000 euros brut par mois afin de « pouvoir vivre de son travail ».
Encadrer les prix du carburant
Au-delà de la question salariale, la CGT plaide pour un encadrement direct des prix. Le syndicat rappelle que ce type de régulation existe dans plusieurs pays et dans les territoires ultramarins.
« En France, ce contrôle a été supprimé en 1983 au nom de la concurrence », rappelle la centrale, qui estime qu’il est désormais « urgent d’encadrer les prix du carburant ».
Elle propose également de réintroduire une TICPE flottante, un mécanisme déjà utilisé par le passé qui permet d’ajuster la fiscalité sur les carburants afin d’atténuer les hausses pour les ménages.
Selon la CGT, ce dispositif pourrait être financé en rééquilibrant l’effort fiscal, notamment en taxant davantage les bénéfices des grandes entreprises et les très hauts revenus.
Réduire la dépendance aux hydrocarbures
Pour le syndicat, la flambée des prix met surtout en lumière la dépendance structurelle de l’économie française aux hydrocarbures.
La CGT appelle ainsi à accélérer le développement des transports collectifs, l’isolation des logements et la transformation des procédés industriels dans les secteurs les plus énergivores.
« Transformer les procédés industriels et accompagner les mesures de décarbonation et d’électrification permettrait de réduire la dépendance aux hydrocarbures », estime l’organisation, qui y voit aussi un levier pour l’emploi et l’autonomie énergétique.
Face à la situation, la CGT demande la tenue immédiate d’une réunion à Bercy réunissant l’ensemble des acteurs concernés. L’objectif serait d’analyser l’évolution de la situation énergétique, de mettre en place des mesures de protection rapides pour les ménages et les entreprises, et de travailler à des solutions durables.
« Face à la flambée des prix et aux risques sur l’approvisionnement, une information claire et transparente doit être garantie au public », conclut le syndicat.