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Étude

Ce que la fermeture des usines a fait aux communes françaises

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Mise à jour le 13 mars 2026
Temps de lecture : 4 minutes

Mots -clé

Industrie Social Emploi

On connaissait la trajectoire nationale. Entre 1968 et 2016, la part de l’emploi industriel en France est passée de 27 % à 12 %. Plus de 2,5 millions d’emplois ont disparu. La France est devenue l’un des pays les plus désindustrialisés du G7.

L’étude que vient de publier l’Institut des politiques publiques change d’échelle. Elle descend au niveau des communes. Et ce qu’elle montre n’a pas grand-chose à voir avec une « mutation du salariat » ou un « ajustement sectoriel ». À lire aussi Vieillir demain : Grand âge. Une bombe sociale à retardement et un mur politique devant nous Un décrochage productif aux effets en chaîne Une baisse de 10 points de la part de l’emploi industriel dans une commune est associée, sur le long terme, à une hausse d’environ 1 point du chômage et à une diminution de 3,8 % du revenu moyen par habitant. La commune médiane française a perdu 12,3 points d’emploi industriel en cinquante ans. Résultat, +1,3 point de chômage et -4,6 % de revenu. Le secteur tertiaire n’a pas compensé. Là où l’usine recule, la dynamique de richesse ralentit durablement. Mais l’apport de l’étude tient encore ailleurs. Elle montre que l’industrie ne structurait pas seulement l’économie locale. Elle organisait un écosystème. Pour 10 points d’industrie en moins, la croissance démographique recule de…

Un décrochage productif aux effets en chaîne

Une baisse de 10 points de la part de l’emploi industriel dans une commune est associée, sur le long terme, à une hausse d’environ 1 point du chômage et à une diminution de 3,8 % du revenu moyen par habitant. La commune médiane française a perdu 12,3 points d’emploi industriel en cinquante ans. Résultat, +1,3 point de chômage et -4,6 % de revenu. Le secteur tertiaire n’a pas compensé. Là où l’usine recule, la dynamique de richesse ralentit durablement.

Mais l’apport de l’étude tient encore ailleurs. Elle montre que l’industrie ne structurait pas seulement l’économie locale. Elle organisait un écosystème. Pour 10 points d’industrie en moins, la croissance démographique recule de 1,4 %. Le taux de départ augmente de 2,7 %. Les territoires concernés vieillissent plus vite.

Les non-diplômés partent contraints. Les diplômés partent, attirés par d’autres bassins d’emploi. Double mouvement, même résultat. Moins d’actifs, moins d’élan. La transformation est aussi sociale. Une baisse de 10 points d’emploi industriel est associée à une hausse de 6,5 % de la part des personnes vivant seules et à un recul des taux de mariage. Dans la commune médiane, la part des ménages composés d’une seule personne augmente de 8 %.

Moins d’usines, moins de services, moins de participation

Lorsque l’usine ferme, les services suivent. Pour 10 points d’emploi industriel perdus, on compte en moyenne 9,5 équipements de proximité en moins pour 10 000 habitants. Santé, commerces, services publics, équipements culturels et sportifs. La création d’associations recule également, de 0,42 par an pour 10 000 habitants. Moins d’industrie, moins de lieux, moins de collectifs, moins d’engagement.

Cette accumulation de pertes finit par se traduire politiquement. La participation électorale recule d’environ 1 point pour 10 points d’industrie en moins. Le soutien à l’extrême droite progresse de 4,7 % lors de la présidentielle de 2017.

Les auteurs de l’étude ne parlent ni de « fracture culturelle » ni de « colère irrationnelle ». Ils documentent une corrélation entre déclin productif, stagnation économique, fragilisation sociale et recomposition électorale.

Les causes du recul industriel sont connues, mais leurs effets ont été très inégaux selon les territoires. Ce que montre l’étude, c’est un mécanisme cumulatif. Moins d’industrie, moins de revenus. Moins de revenus, moins d’attractivité. Moins d’attractivité, moins de services et de liens.

La désindustrialisation n’a donc pas seulement modifié la structure de l’emploi.

La réponse ne peut pas être partielle et ramener quelques investissements ponctuels ne suffira pas. Reconstruire une base productive solide, maintenir des services de proximité et restaurer des dynamiques collectives demandent une politique industrielle très offensive, planifiée sur le long terme.

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