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Budget de la Sécu

Le Syndicat national des cardiologues appelle à suspendre tous les rendez-vous à compter du 1er décembre

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Mise à jour le 19 novembre 2025
Temps de lecture : 4 minutes

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Luttes Santé Sécurité sociale Budget 2026

Alors que les parlementaires n’ont pas encore voté le budget de la Sécurité sociale, des mesures sont déjà entrées en vigueur pour réduire les dépenses. Parmi elles, la baisse des tarifs des actes d’imagerie diagnostique et interventionnelle, pour dégager 300 millions d’économies sur trois ans.

Dans ce cadre, les actes d’échographie cardiaque et de coronarographie sont dévalorisés depuis le 5 novembre. Le Syndicat national des cardiologues appelle l’ensemble de la profession « à suspendre tous les rendez-vous » non urgents à compter du 1er décembre.

Décote des tarifs

L’Inspection Générale des Affaires Sociales suggérait dès le mois de juillet de réguler les prix dans le champ de l’imagerie médicale en diminuant la valeur des actes et leur forfait technique. Il s’agit de réguler le secteur à « forte rentabilité », dont les perspectives de « productivité » sont en hausse via l’intégration de l’intelligence artificielle.

Depuis le 5 novembre, les cardiologues se voient imposer une décote des tarifs des échographies cardiaques et vasculaires de 4 %, et une dévalorisation de 5 % des actes de coronarographie afin de dégager 300 millions d’économies sur trois ans dans le budget de la Sécurité sociale. Une décision du directeur de l’Union nationale des caisses d’Assurance maladie qui fixe désormais les prix des actes d’imagerie de façon unilatérale. Une décision qui interroge.

L’échographie cardiaque détecte les atteintes des valves dans le suivi de nombreux traitements pour le cancer, et évalue la fonction pompe du cœur, altérée en cas d’insuffisance cardiaque. Des pathologies de plus en plus fréquentes, en lien avec le vieillissement de la population.

La coronarographie permet de visualiser les artères coronaires qui irriguent le muscle cardiaque, d’y déceler une obstruction et de rétablir la circulation.

Les pathologies cardio-vasculaires sont la deuxième cause de mortalité en France où 100 000 infarctus surviennent chaque année. 273 par jour. La coronarographie est alors une urgence vitale. Alors que le Conseil de l’Ordre dénombre seulement 6 400 cardiologues actifs pour le territoire, les centres d’angioplastie sont mobilisés 7 jours/7 et 24h/24 pour les urgences coronaires.

Devant un tel enjeu de santé publique, la décote des actes d’imagerie déclenche la colère chez les cardiologues qui pratiquent ces examens.

Une menace pour l’égalité d’accès aux soins techniques ?

L’intervention de la nouvelle grille tarifaire avant l’adoption du projet de financement par le Parlement pose d’abord la question du respect du temps du débat public.

Peut-on espérer réaliser des économies en faisant peser de plus en plus de contraintes financières sur les professionnels et les usagers, dont le reste à charge augmente régulièrement ?

Le forfait technique diminuant, les professionnels libéraux craignent de ne pas pouvoir assumer l’achat et l’entretien de matériel innovant et performant. Un marché dont pourrait se saisir le secteur privé, sans garantir aux usagers l’égalité d’accès aux soins.

En 2020, le président Macron admettait que la pandémie de Covid19 avait révélé qu’ « il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché ». Son gouvernement porte aujourd’hui des propositions basées sur la supposée rentabilité d’une activité médicale qui chaque jour sauve des vies.

Le Syndicat national des cardiologues parle d’« atteinte sans précédent » et appelle à « ne plus donner le moindre rendez-vous en ligne ou par téléphone » en dehors des urgences à compter du 1er décembre, et ce « pour une durée indéterminée ».

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