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Aide à domicile

La crise s’installe pour les aides à domicile faute de revalorisation salariale

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Mise à jour le 3 avril 2026
Temps de lecture : 2 minutes

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Luttes Santé Gouvernement Social

Ce devait être une avancée après des années de stagnation. L’avenant salarial signé en octobre 2025 dans la branche de l’aide à domicile promettait une revalorisation de 11 % des coefficients. Cinq mois plus tard, il est enterré.

Le gouvernement a officiellement refusé son agrément le 19 mars. Une décision qui fige les salaires de près de 1,2 million de salariés, dans un secteur déjà sous tension. Un accord pourtant validé par tous les acteurs L’avenant n°72 n’avait rien d’un compromis fragile. Il avait été signé à la fois par les syndicats et les organisations patronales. Objectif affiché : relever les bas salaires au-dessus du Smic et desserrer l’étau sur des grilles devenues illisibles. Dans un secteur marqué par le temps partiel subi, une progression quasi nulle avec l’ancienneté et une main-d’œuvre à plus de 90 % féminine, l’accord était présenté comme un minimum. Mais entre signature et application, une étape décisive subsiste : l’agrément de l’État. Et c’est là que tout s’est arrêté. Un blocage budgétaire… aux conséquences sociales immédiates Officiellement, le refus repose sur un argument financier. Les départements, principaux financeurs de l’aide à domicile, ne seraient pas en mesure d’absorber le coût de la revalorisation. Un argument qui s’inscrit dans une séquence plus large. Dès décembre 2025, les tarifs du secteur avaient été plafonnés à +2 % pour 2026, bien en deçà…

Un accord pourtant validé par tous les acteurs

L’avenant n°72 n’avait rien d’un compromis fragile. Il avait été signé à la fois par les syndicats et les organisations patronales. Objectif affiché : relever les bas salaires au-dessus du Smic et desserrer l’étau sur des grilles devenues illisibles.

Dans un secteur marqué par le temps partiel subi, une progression quasi nulle avec l’ancienneté et une main-d’œuvre à plus de 90 % féminine, l’accord était présenté comme un minimum. Mais entre signature et application, une étape décisive subsiste : l’agrément de l’État. Et c’est là que tout s’est arrêté.

Un blocage budgétaire… aux conséquences sociales immédiates

Officiellement, le refus repose sur un argument financier. Les départements, principaux financeurs de l’aide à domicile, ne seraient pas en mesure d’absorber le coût de la revalorisation.

Un argument qui s’inscrit dans une séquence plus large. Dès décembre 2025, les tarifs du secteur avaient été plafonnés à +2 % pour 2026, bien en deçà de la hausse réelle des coûts. Autrement dit : les marges étaient déjà verrouillées avant même la négociation salariale.

Le résultat est mécanique. Les salaires restent bloqués alors que les charges augmentent, notamment pour les déplacements. Et ce sont les salariées qui encaissent.

Un secteur essentiel pris en étau

La contradiction est là. D’un côté, un besoin croissant lié au vieillissement de la population. De l’autre, un modèle économique incapable de financer correctement celles et ceux qui assurent ce travail. Employeurs comme syndicats dénoncent un « coup dur » et alertent sur les conséquences : difficultés de recrutement, turnover, dégradation du service.

Les syndicats martèlent que lorsque les conditions de travail se détériorent, ce sont aussi les personnes âgées et dépendantes qui en subissent les effets. Vers un nouvel accord… au rabais ? Une nouvelle réunion paritaire est prévue ce 24 mars. L’hypothèse d’un avenant revu à la baisse circule déjà. Mais la question dépasse désormais le contenu d’un accord. Elle est politique. Peut-on continuer à faire reposer un pilier du lien social sur des emplois sous-payés, en renvoyant indéfiniment la facture entre l’État et les collectivités ? À défaut de réponse, la crise de l’aide à domicile ne fera que s’approfondir. Silencieusement, mais sûrement.

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