Il est une autre tendance tout aussi dangereuse à terme même si, aujourd’hui, elle peut apparaître profitable aux salariés : la prise en charge partielle de la complémentaire santé par l’employeur.
C’est l’accord national interprofessionnel de 2016 qui met en place une protection sociale complémentaire prise en charge à 50 % par l’employeur pour les salariés du privé.
En 2022, c’est un accord interministériel qui instaure un système équivalent pour les fonctionnaires d’État. Un accord du même type est en discussion pour les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers.
Une solidarité remise en cause
Cette prise en charge à 50 % de la cotisation par l’employeur semble séduisante et représente indéniablement, tout au moins au début, un gain de pouvoir d’achat pour le salarié concerné.
Mais, comme souvent, le diable se cache dans les détails.
C’est l’employeur qui choisit l’assurance complémentaire et qui négocie le panier de soins pris en charge. L’adhésion à l’organisme choisi est obligatoire pour tous les salariés de l’entreprise comme pour tous les fonctionnaires, mais les retraités en sont exclus. C’est la fin de la solidarité intergénérationnelle !
Vers la fin des mutuelles
Les mutuelles, mises en place et gérées par les salariés eux-mêmes, reposaient sur un principe de solidarité. Aujourd’hui, suite à ces accords, elles sont en danger et, pour celles qui ont été choisies par les employeurs, contraintes d’appliquer des règles libérales et concurrentielles.
On a vu apparaître des compagnies d’assurance capitalistes choisies par les employeurs comme, par exemple, Alan, start-up gérée par un fonds d’investissement étranger choisie par le ministère des Finances à la place de la mutuelle historique. Cette démarche s’inscrit dans une logique purement libérale visant au démantèlement de la Sécurité sociale et à la marchandisation de la santé.
Et pourtant… il existe une solution à la fois plus solidaire et moins coûteuse à la Nation, c’est le « 100 % Sécu », la prise en charge complète par la Sécurité sociale de 100 % des soins prescrits.
Utopie… non car aujourd’hui les frais de gestion des complémentaires santé sont de l’ordre de 20 % alors que ceux de l’Assurance Maladie atteignent à peine 4 %.