En cause : un budget 2026 qui passe mal. Les syndicats dénoncent une politique qui « aggrave la situation d’un service public déjà exsangue ». Au cœur des critiques, la suppression de près de 1 900 postes dans le premier degré et des coupes qui touchent également collèges et lycées.
Sur le terrain, les effets sont déjà visibles. Dans le second degré, les suppressions de classes se multiplient, les effectifs augmentent, et certaines formations disparaissent. Les établissements doivent composer avec moins de moyens, au prix d’une dégradation des conditions d’apprentissage. Les vies scolaires, déjà fragiles, sont particulièrement sous tension.
Dans le primaire, la séquence des cartes scolaires s’ouvre dans un climat tendu. Les syndicats anticipent des milliers de fermetures de classes. Une situation d’autant plus contestée que la baisse démographique, plutôt que d’être utilisée pour alléger les effectifs, sert de levier pour réduire les moyens.
C’est l’un des points centraux de la contestation. Pour les organisations, cette évolution démographique pourrait au contraire permettre de mieux accompagner les élèves et de réduire les inégalités. Le choix du gouvernement est perçu comme un arbitrage budgétaire à court terme, au détriment du système éducatif.
À cela s’ajoute la question salariale. Le gel du point d’indice, combiné à l’inflation, continue d’éroder le pouvoir d’achat des personnels. Les enseignants français restent en dessous de la moyenne de l’OCDE, tandis que les AESH, souvent contraints de cumuler plusieurs emplois, sont plongés dans une précarité devenue structurelle.
Dans les établissements, le malaise s’installe. Dégradation du climat scolaire, perte de sens du métier, manque de remplaçants, inclusion scolaire sous tension faute de moyens… Les équipes éducatives ont le sentiment de devoir faire toujours plus avec toujours moins.
Au-delà des moyens, c’est l’orientation même de la politique éducative qui est contestée par l’intersyndicale. Les actions se multiplient déjà localement – grèves, rassemblements, opérations « collèges morts ». Les organisations entendent désormais passer à la vitesse supérieure. Objectif : peser sur les arbitrages à venir et imposer un autre cap pour l’école publique.