Derrière ce rendez-vous démocratique, le logement tient une bonne place dans les choix qu’auront à assumer les nouvelles municipalités. Permis de construire, application de la loi SRU, encadrement des loyers, lutte contre l’habitat indigne, prévention des expulsions… Des leviers locaux qui ont des conséquences sociales et concrètes.
Alors que 2,8 millions de ménages attendent un logement social et que les loyers continuent de peser lourdement sur le pouvoir d’achat, l’association met en ligne un « scoring municipal ». Objectif : évaluer le bilan des équipes sortantes, comparer les engagements des candidats et rendre publiques leurs réponses. Une manière d’outiller les locataires et de remettre le logement au centre du débat.
Car la crise n’est pas un accident. Elle est le produit de choix politiques. Désengagement progressif de l’État, baisse des financements du logement social, financiarisation du parc immobilier : le logement est devenu un actif, un produit d’investissement, bien avant d’être un droit. Depuis vingt ans, la construction sociale ralentit et les files d’attente s’allongent.
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La loi « CHOC » dans le viseur
La CNL cible notamment la loi dite « CHOC », portée par la sénatrice Dominique Estrosi-Sassone. Sous couvert de relancer l’offre, le texte affaiblit les mécanismes de solidarité. Avec la neutralisation des sanctions contre les communes carencées, l’intégration du logement intermédiaire dans les quotas SRU ou encore la suppression de la commission nationale SRU, son application réduirait la production de logements véritablement sociaux.
Or la loi SRU, en vingt-cinq ans, a permis la construction d’environ 20 % du parc social actuel. Un outil structurant, bien plus efficace que l’empilement de dispositifs fiscaux sans contrepartie sociale.
Vingt-cinq propositions pour agir
Au niveau du bâtiment, la CNL défend une production massive de logements sociaux publics et accessibles, le refus de la vente des HLM, l’encadrement des loyers et du foncier et la suppression du supplément de loyer de solidarité. Des propositions que l’association a toujours portées, et qui fait d’elle l’une des principales organisations de défense des locataires.
À l’échelle du quartier, elle met en avant la démocratie locale : budgets participatifs, reconnaissance de l’expertise d’usage des habitants, locaux collectifs résidentiels, implication directe dans les projets structurants.
À l’échelle de la ville enfin, elle propose une refonte importante des mécanismes existants, entre la prévention des expulsions, la réquisition des logements vacants, l’encadrement des meublés touristiques, la lutte contre les marchands de sommeil et le soutien aux copropriétés dégradées.
Première dépense des ménages, le logement est devenu un facteur central de précarisation. Les municipales de mars ne sont pas un scrutin secondaire. Elles détermineront si nos communes s’alignent sur une logique de rentabilité immobilière ou si elles font du droit au logement un principe effectif. Aux électeurs de trancher.