Les perquisitions menées le 6 novembre confirment que l’affaire dite « McKinsey » reste au cœur des préoccupations de la justice. Les juges d’instruction continuent d’examiner plusieurs volets : financement éventuel des campagnes, nature exacte des prestations, avantages indus, et rôle particulier du cabinet américain dans la stratégie de Macron en 2017 et 2022.
Une proximité politique devenue encombrante pour l’exécutif
Cette opération s’inscrit dans la continuité d’une information judiciaire ouverte en 2022, jalonnée d’auditions, d’expertises comptables et de réquisitions massives de documents. Les magistrats veulent établir si certaines prestations ont été offertes ou sous-facturées au profit du candidat Macron, ou si d’autres missions auraient pu servir de paravent financier pour contourner la législation stricte sur les dépenses électorales.
La relation entre Emmanuel Macron et McKinsey est devenue une ligne de fracture dans le débat public. Le rapport du Sénat en 2022 pointait déjà une explosion du recours aux cabinets de conseil sous le quinquennat, avec un rôle souvent déterminant confié à McKinsey dans plusieurs réformes d’État.
Cette nouvelle perquisition réactive l’idée d’un macronisme trop perméable aux intérêts privés, dominé par les méthodes et la culture des grandes firmes anglo-saxonnes. Même en l’absence d’éléments incriminants définitifs, le soupçon politique persiste : l’affaire colle à l’exécutif, renforce la défiance et devient un symbole d’une gouvernance vue comme technocratique et externalisée.
Et le timing n’arrange rien. Dans un climat social tendu, avec une majorité relative fragilisée, chaque rebond judiciaire agit comme une étincelle sur un terrain déjà inflammable. Les oppositions, elles, dénoncent un mélange des genres incompatible avec l’exigence de transparence démocratique, tandis que l’exécutif se retranche derrière la séparation des pouvoirs. Mais sur le terrain politique, le mal est fait.