L’autopsie confirme la gravité des violences. Le parquet de Lyon a ouvert une information judiciaire pour « homicide volontaire » et « violences en réunion aggravées ». Onze interpellations ont eu lieu, dans un contexte politique déjà tendu, à quelques semaines des municipales.
Dans un communiqué publié ce 19 février, le Parti communiste français dit « exprimer de nouveau sa plus vive émotion après la mort de Quentin Deranque survenue à Lyon à la suite de violences inadmissibles et d’un lynchage odieux ». Le PCF rappelle que « c’est à la justice d’identifier et de condamner sévèrement ses responsables », appelant au respect scrupuleux de l’enquête « loin de toute conclusion hâtive et de toute récupération partisane ». Il refuse « toute instrumentalisation de ce drame visant à banaliser l’extrême droite, discréditer la gauche en l’assimilant à l’action de groupes violents ou détourner l’attention des urgences sociales et démocratiques ».
Lyon est depuis plusieurs années un foyer d’affrontements avec des groupes d’ultradroite très structurés. Mais pour le PCF, « la violence comme méthode politique » constitue un piège. Elle « nourrit l’escalade, obscurcit les responsabilités réelles et détourne des combats sociaux et démocratiques qui doivent se mener sur le terrain des idées et de l’action collective organisée ». Le parti rappelle que « chaque vie perdue dans un contexte de violence politique est un échec pour la démocratie et pour la République », citant les morts de Clément Méric et de Federico Martín Aramburú, victimes de l’extrême droite ces dernières années.
S’il réaffirme son combat historique contre l’extrême droite, le PCF condamne également « les dérives de certains groupes se réclamant de l’antifascisme lorsqu’ils emploient eux-mêmes les méthodes que l’extrême droite développe depuis des décennies : organisation de milices, violences de rue, perturbations de débats ». Il refuse toute assimilation entre ces actions et l’héritage de la Résistance, rappelant que la situation actuelle n’a rien d’un régime où « toutes les voies légales et démocratiques » auraient disparu.
Pour les communistes, « la lutte contre l’extrême droite ne se gagnera pas par des actions minorisantes dans des affrontements entre groupes organisés pour la violence ». Elle progressera « par une action de masse des travailleurs et travailleuses et des forces démocratiques », par la lutte sociale et politique et par les urnes.
En pleine séquence électorale, le drame lyonnais rappelle que l’escalade des violences nourrit toujours les forces les plus réactionnaires. Et c’est sur le terrain démocratique, social et républicain que se jouera l’issue.