Il faut se plonger dans les 370 publications du nouveau compte de la diplomatie française pour comprendre que la bourgeoisie libérale au pouvoir s’est créé un nouvel outil de propagande, sous couvert de défense des intérêts de la France. Les cibles de la nouvelle diplomatie du troll sont celles désignées par le nouveau prêt-à-penser de la politique étrangère : la prétendue internationale réactionnaire. La Russie bien entendu, mais également les États-Unis, la Chine, la Turquie, les États du Sahel etc. À grands coups de sarcasme, d’humour puéril et d’anathèmes, ce compte officiel joue le jeu d’une Europe forteresse contre le reste du monde (forcément prédateur et adepte de la désinformation). À lire aussi Chroniques du monde d’après : « L’internationale réactionnaire », l’extraordinaire fortune du prêt-à-penser en politique Naturellement, la diplomatie d’aujourd’hui doit faire face au foisonnement de contenus mensongers, de montages grossiers, de commentaires outranciers. Il ne s’agit pas de nier ces phénomènes qui s’amplifient. Mais comment retrouver la singularité de la Diplomatie française…
Les cibles de la nouvelle diplomatie du troll sont celles désignées par le nouveau prêt-à-penser de la politique étrangère : la prétendue internationale réactionnaire. La Russie bien entendu, mais également les États-Unis, la Chine, la Turquie, les États du Sahel etc.
À grands coups de sarcasme, d’humour puéril et d’anathèmes, ce compte officiel joue le jeu d’une Europe forteresse contre le reste du monde (forcément prédateur et adepte de la désinformation).
Naturellement, la diplomatie d’aujourd’hui doit faire face au foisonnement de contenus mensongers, de montages grossiers, de commentaires outranciers. Il ne s’agit pas de nier ces phénomènes qui s’amplifient. Mais comment retrouver la singularité de la Diplomatie française quand son expression sur les réseaux sociaux se résume à « clasher » ses adversaires désignés, à relayer les opérations de communication douteuses d’un Président en fin de règne et à défendre aveuglément la Commission européenne ou l’Allemagne alors même que ces derniers manœuvrent quotidiennement contre les intérêts de la France ? Sur la forme, répondre ou non en tant qu’institution officielle au bruit du monde et des réseaux sociaux via la plateforme de M. Musk peut poser question mais le problème est ailleurs.
Une grande confusion est entretenue à dessein : lorsque les européistes et libéraux sont attaqués, c’est la France qui est attaquée. Lorsque la Commission européenne est critiquée, c’est la France qui est menacée. Lorsque les autorités ukrainiennes ou moldaves parlent, la France doit relayer.
De nombreux diplomates, dont le corps a été supprimé par Macron, voient d’un bien mauvais œil cette initiative. Mais le dangereux consensus politique consistant à dire que tout est bon pour lutter contre la nouvelle internationale réactionnaire, la désinformation visant la France et l’Union européenne et les « menaces hybrides » l’emporte.
La France et sa diplomatie se retrouvent à nouveau prises en otage d’une bourgeoisie libérale sur la défensive si prompte à dénoncer les ingérences russes ou chinoises et si muette sur les attaques flagrantes de la Commission Von der Leyen et de l’Allemagne de Merz à l’encontre de la souveraineté de notre pays. Quand la bureaucratie européenne saisit l’aubaine du contexte international pour déposséder toujours plus les peuples de leur souveraineté et alors que l’Allemagne défend sans détour ses propres intérêts industriels, énergétiques et stratégiques au détriment de la France, la Diplomatie officielle préfère regarder ailleurs.
Plein d’autosatisfaction devant le petit succès d’audience du compte French Response, le dernier cercle de macronistes aux manettes de notre politique étrangère entraîne en réalité la crédibilité de la voix de la France dans son sillage et l’abaisse à son niveau : au ras des pâquerettes. En jouant le jeu de la conflictualisation à outrance, de la petite phrase et du « nous » contre « eux », la diplomatie française ne parle plus qu’à elle-même, saborde la capacité de la France à s’ériger en puissance d’équilibre et s’isole durablement de la majorité mondiale.