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Budget 2026

Culture en ruine

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Luttes Syndicalisme Budget 2026

Le budget 2026 de la Culture ne se contente plus d’accompagner l’austérité : il en fait une doctrine. Suppressions de postes, coupes budgétaires massives, gel des salaires et dégradation accélérée des sites patrimoniaux actent un recul historique du service public culturel. La crise du Louvre, où les agents sont en grève depuis le 15 décembre, révèle un effondrement désormais assumé par l’État.

Cambriolage qualifié de rocambolesque, fermeture de galeries pour cause de délabrement avancé, inondation de la bibliothèque des Antiquités égyptiennes endommageant près de 400 ouvrages anciens : au musée du Louvre, les incidents s’accumulent et exposent au grand jour l’état critique d’un des établissements culturels les plus emblématiques du pays. Loin d’être isolés, ces événements traduisent une dégradation générale des services culturels publics, minés par des années de restrictions budgétaires.

Depuis le 15 décembre 2025, les agents du Louvre sont en grève à l’appel de l’intersyndicale CGT, CFDT et SUD. Ils dénoncent une pénurie chronique d’effectifs, des conditions de travail dégradées et une mise en danger des publics comme des collections. Pour la CGT-Culture, la situation n’a rien d’accidentel : elle résulte de choix politiques délibérés, visant à réduire les missions publiques tout en exigeant toujours plus des personnels restants.

Budget 2026 : l’austérité comme ligne politique

Avec 4,4 milliards d’euros consacrés à la Culture sur plus de 500 milliards de budget de l’État, le projet de loi de finances 2026 confirme un désengagement structurel. Les coupes annoncées sont lourdes : plus de 200 millions d’euros en moins pour le programme Patrimoines, 73 millions retranchés à la Transmission des savoirs, une baisse de 40 % du fonds d’aide au spectacle vivant (FONPEPS) et la suppression de 172 équivalents temps plein au ministère de la Culture.

À cette saignée s’ajoute celle qui frappe les collectivités territoriales, avec une baisse de dotations annoncée de 4,6 milliards d’euros, pouvant atteindre 8 milliards. Or, ce sont elles qui financent une large part de la culture de proximité. Ce double étranglement budgétaire entraîne déjà fermetures de structures, suppressions d’emplois et désertification culturelle de nombreux territoires.

Les conséquences sont immédiates, entre bâtiments vétustes, sécurité dégradée, externalisation massive des missions, blocage des salaires et rupture brutale du dialogue social. La CGT-Culture dénonce également une dérive libérale assumée, marquée par la hausse des tarifs, la privatisation d’espaces publics, le recours accru au mécénat et la transformation progressive des institutions culturelles en marques commerciales.

La responsabilité politique est directement mise en cause. Le syndicat accuse la ministre Rachida Dati de délaisser son ministère tout en menant campagne pour les municipales parisiennes. Face à ce qu’il qualifie de démantèlement organisé, il appelle l’ensemble des personnels à intensifier la mobilisation par les assemblées générales, les grèves et les actions collectives.

Les revendications immédiates de la CGT-Culture

  • Une loi d’orientation et de programmation pour la Culture, avec des moyens pérennes
  • Un plan de recrutement immédiat de 500 titulaires, dont 200 au musée du Louvre
  • Une véritable politique de prévention des risques pour garantir la sécurité des publics, des personnels et des collections
  • La reprise immédiate des négociations salariales et l’égalité professionnelle
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