Révélateur d’une austérité organisée, l’augmentation de l’ONDAM 2026 (Objectif national des dépenses d’assurance maladie) est fixée à 1,6 %, alors qu’elle était de 3,6 % en 2025 et que la moyenne des dernières années était de 4,8 %. Naturellement, le vieillissement de la population ainsi que le coût des soins liés aux progrès de la médecine devraient aboutir à une progression de l’ONDAM bien au-dessus de l’inflation.
Renoncements aux soins
Le doublement des franchises médicales sur les visites chez le médecin, sur l’achat de médicaments, sur les examens médicaux et sur les transports sanitaires ne peut aboutir qu’à des renoncements aux soins. Pour les malades, c’est la double peine !
Comme si cela ne suffisait pas, ce projet prévoit une nouvelle taxe sur les complémentaires santé de 2,05 % ; la répercussion sur le prix des cotisations aboutira à de nouveaux renoncements. En prévoyant de remettre en cause partiellement les ALD (affections de longue durée), ce PLFSS s’attaque aux plus malades.
Non content de s’en prendre aux malades, ce projet de budget s’attaque aux plus démunis par le « gel » des prestations sociales que sont les pensions d’invalidité, le RSA (revenu de solidarité active), l’AAH (allocation aux adultes handicapés), les prestations dédiées aux familles, les aides au logement…
Les retraités paient le prix fort
En plus de toutes les mesures sur la santé et les allocations sociales, les retraités verraient leur niveau de vie reculer comme jamais. En effet, le gouvernement prévoit pour 2026 une « année blanche » pour les pensions, qui ne seraient pas augmentées malgré l’inflation, mais aussi pour 2027 une revalorisation égale à l’inflation moins 0,9 %, ainsi qu’une revalorisation égale à l’inflation moins 0,4 % pour les années 2028, 2029 et 2030.
En tablant sur une inflation à 1,5 % en 2026 et une application des mesures prévues de 2027 à 2030, les retraités auront perdu 3,5 % de pouvoir d’achat fin 2030, ce qui représente, pour une pension moyenne de 1 626 € par mois, une perte de 693 € par an.
Un projet massivement condamné
Pour la première fois, les unes après les autres, les associations de malades, les organisations représentant les personnes âgées, les personnes handicapées, ainsi que les organisations syndicales et associatives de retraités condamnent ce projet de budget.
Le PLFSS 2026 entre en discussion à l’Assemblée nationale début novembre, mais ce qui en sortira sera fortement lié aux mobilisations des prochaines semaines. Dès le 6 novembre, les organisations syndicales de retraités appellent à des mobilisations dans tout le pays.