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Sénat

Les sénateurs PCF veulent exclure les produits du Mercosur des cantines publiques

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Mise à jour le 27 février 2026
Temps de lecture : 4 minutes

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Cathy Apourceau-Poly Sénat Commerce PCF Mercosur

C’est sous l’impulsion de la sénatrice communiste du Pas-de-Calais, Cathy Apourceau-Poly, qu’est proposée une résolution « visant à l’exclusion des denrées alimentaires originaires des pays du Mercosur de la restauration collective publique et au renforcement de l’information sur l’origine des produits en restauration ».

Avec ses collègues du groupe communiste, elle explique sa démarche par l’idée que « la souveraineté alimentaire et la dignité du travail paysan sont trop souvent reléguées au second plan ». Elle s’inscrit dans la continuité de son Parti qui, depuis vingt-cinq ans, refuse cet accord de libre-échange. La contradiction principale de cette politique, souligne-t-elle, c’est que l’on « impose à nos agriculteurs des normes d’excellence toujours plus exigeantes, tout en les exposant à une concurrence qu’ils ne peuvent affronter sans renoncer précisément à ces exigences ».

La suite, on la connaît. Malgré une opposition affichée du gouvernement français, Ursula von der Leyen entérinait, depuis le Paraguay, cet accord en janvier dernier. La mobilisation des agriculteurs, tous syndicats unanimes sur le sujet, se poursuit. Restait donc à identifier les leviers d’action encore possibles pour faire reculer ce « traité d’un autre temps ».

Dans le projet de résolution, les sénateurs communistes rappellent que « la restauration collective publique, avec près de quatre milliards de repas servis chaque année et un chiffre d’affaires d’environ vingt-cinq milliards d’euros », constitue un outil d’orientation économique non-négligeable.

Autrement dit, la commande publique alimentaire représente un marché capable d’orienter concrètement la production agricole nationale. Elle peut devenir « un levier stratégique de la politique alimentaire nationale et un débouché structurant pour les filières agricoles françaises ».

Une stratégie qui traverse les communes, l’exemple d’Avion

La démarche de la sénatrice intervient quelques jours après le vote, dans sa propre ville, Avion, d’une résolution du conseil municipal visant à exclure « toute viande bovine, porcine ou de volaille issue des pays d’Amérique du Sud ».

Là encore, c’est l’idée d’un levier stratégique qui s’impose. Si le gouvernement ne se donne pas les moyens d’agir, les communes utilisent les marges dont elles disposent. Qu’il s’agisse de la restauration scolaire ou des repas servis aux aînés, la municipalité conduite par le maire PCF Jean Létoquart entend s’appuyer sur la dépense publique locale pour donner « la priorité aux filières locales, régionales et françaises » et « encourager le développement de menus durables ».

Reste à savoir si la résolution obtiendra une majorité sur les bancs du Sénat. Mais au-delà du vote, la bataille pour la souveraineté alimentaire se joue aussi dans les territoires.

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