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Victor Velter/shutterstock
Budget de la Sécurité sociale

L’Assemblée a-t-elle évité le pire avant l’examen au Sénat ?

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Mise à jour le 16 novembre 2025
Temps de lecture : 4 minutes

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Sénat Assemblée nationale Budget 2026

Faute de temps, mais aussi par stratégie politique du gouvernement et des socialistes, les députés n’ont pu ni voter l’ensemble du texte ni examiner tous les amendements du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Avant son examen au Sénat, nous faisons le point sur le texte et sur ses conséquences pour le pouvoir d’achat.

Les groupes politiques se savent scrutés par les Français qui mettent la question du pouvoir d’achat au sommet de leurs préoccupations. En témoigne le baromètre Ipsos qui place continuellement le pouvoir d’achat en tête des priorités. Ce ressenti, régulièrement mesuré par les sondages, s’explique aisément quand on sait qu’environ 10 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté d’après l’INSEE et qu’en 2024, 12,7 % de la population est en situation de privation matérielle et sociale, c’est-à-dire dans l’incapacité de couvrir des dépenses de la vie quotidienne (nourriture, chauffage, vêtements, etc.).

Dans ce contexte, même les députés les plus à droite sont bien obligés de comprendre qu’un budget qui ponctionne directement les poches des Français serait très mal perçu par leurs électeurs. Alors, que reste-t-il du « musée des horreurs » de la première copie de budget présentée par le gouvernement ?

Une gauche sur la défensive

Le pire a parfois été évité. On peut penser notamment au rejet du gel de l’ensemble des prestations sociales et des pensions de retraite, véritable offensive du gouvernement contre les plus pauvres. Une mesure qui consistait à ne pas revaloriser l’ensemble des prestations sociales ainsi que les pensions de retraite, ce qui allait faire perdre du pouvoir d’achat du fait de l’inflation à tous ceux qui bénéficient par exemple du RSA, de l’allocation aux adultes handicapés ou encore des allocations destinées aux victimes de violences conjugales.

Autre exemple de mesure symbolique rejetée du « budget de casse et de classe » pour reprendre les termes du député GDR Édouard Bénard, la fin des exonérations de cotisations sur les revenus d’apprentis qui avait pour effet de précariser encore un peu plus les jeunes travailleurs. La liste pourrait encore être longue, le gouvernement a également reculé sur les chèques vacances et les chèques restaurant des salariés ou encore a dû renoncer à faire des économies sur le dos des personnes souffrant d’affections de longue durée (ALD).

Face à toutes ces mesures néfastes pour les plus modestes évitées, la gauche a été contrainte d’adopter une posture défensive et n’a pas pu tout sauver dans une assemblée où des majorités peuvent se composer du centre à l’extrême droite. L’hôpital s’en sort affaibli avec une coupe budgétaire d’environ 6 milliards d’euros qui va dégrader encore davantage la qualité des soins et les conditions de travail. De son côté, le doublement des franchises médicales, véritable taxation indirecte des malades, est toujours dans les mains du gouvernement qui peut agir par décrets. On l’aura compris, une bonne partie de la collection du musée des horreurs est encore présente comme l’article 67 qui prévoit d’exclure les étudiants extra communautaires non boursiers des APL.

Un budget encore plus austéritaire ?

Rien n’est joué et tout peut être remis en cause, car le débat budgétaire durera jusqu’à mi-décembre. Le passage par le Sénat et sa majorité à droite s’annonce périlleux, les sénateurs LR ont déjà annoncé vouloir « nettoyer » et « décaper » le budget. Le ton est donné et on peut s’attendre à un budget encore plus offensif et marqué par une logique de classe. La CGT l’a bien compris et appelle à la mobilisation le 2 décembre « pour faire pression sur le débat budgétaire ».

L’occasion de rappeler les attentes du monde du travail dont les salaires stagnent et se smicardisent, 14,6 % des salariés du privé sont aujourd’hui au Smic contre 11,1 % en 2015. Et quand ils ne sont pas au salaire minimum, ils n’en sont pas loin car la moitié des salariés du privé gagne entre un et un et demi Smic, un phénomène qui s’est nettement amplifié au cours des dix dernières années.

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