Pendant qu’on promet des avions qui n’existeront pas avant dix ans — et qui n’existeront sans doute jamais, la facture, elle, tombe déjà, et ce n’est pas un mirage. Argent public englouti, storytelling guerrier et cynisme politique : cette opération relève moins de la stratégie que d’une mise en scène destinée à sauver la face des dirigeants, au prix des contribuables européens.
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Gags en rafale
Un accord fantôme pour une armée exsangue
La signature du 17 novembre 2025 n’est qu’une lettre d’intention. Juridiquement du vent, stratégiquement un mirage, industriellement un gag. On promet « jusqu’à 100 Rafale » alors que Dassault peine déjà à honorer ses commandes existantes. Trois à quatre appareils par mois, une chaîne saturée jusqu’en 2032, un carnet de commandes plein du Qatar à l’Inde — et des forces françaises qui tirent la langue.
La France avait promis six Mirages à Kiev… elle n’en a livré que trois. Impossible de donner ce que nous n’avons plus. Et même si, par miracle, ces avions sortaient d’usine, ils n’auraient aucun effet sur la guerre. Le Rafale exige 8 à 10 ans de formation pour un pilote pleinement opérationnel.
On vend donc une aviation ukrainienne futuriste pour 2035, alors que le front se délite aujourd’hui de Pokrovsk à Kupiansk. C’est du grand guignol stratégique, un accord qui n’accorde rien, des avions qui resteront sur PowerPoint, et une puissance militaire imaginaire censée cacher une réalité opérative catastrophique.
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Le rideau de fumée de la corruption ukrainienne
Si cette annonce tombe à point nommé, ce n’est pas un hasard. Quelques jours auparavant éclatait le scandale « Midas », révélé par le Bureau national anticorruption (NABU) : un réseau de détournement massif à Energoatom, entre 100 et 300 millions de dollars de pots-de-vin, impliquant des proches de Zelensky.
Une corruption d’État qui prospère pendant que les Ukrainiens manquent d’électricité et que l’hiver s’installe. L’annonce des Rafale sert donc de contre-feu médiatique idéal : on parle d’avions futuristes pour éviter de parler de l’argent volé, des réseaux mafieux, du clientélisme, de l’effondrement militaire.
Quant au financement, il relève de la fiction. L’Ukraine ne peut pas payer. L’Europe ne veut pas payer. Berlin refuse catégoriquement de financer un concurrent direct au SCAF. Les avoirs russes gelés ne sont pas accessibles juridiquement. En réalité, tout le monde le sait : les contribuables européens paieront.
Et ils paient déjà : inflation budgétaire, dette, politique de réarmement improvisée — pendant que les industries militaires s’engraissent.
Cette opération n’est pas seulement mensongère. Elle est dangereuse. Elle tente de sauver une stratégie atlantiste devenue un champ de ruines, en poursuivant une guerre par procuration jusqu’au dernier Ukrainien.
Les Rafale : promesses impossibles
- Production : 3 à 4 avions par mois.
- Chaîne saturée jusqu’en 2032.
- Impossible d’ajouter 100 avions sans annuler d’autres contrats.
- 80–100 M€ par unité.
- Avec armements, simulateurs, maintenance : 20–25 milliards d’euros.
- Pilote Rafale opérationnel : 8 à 10 ans.
- Bases aériennes ukrainiennes systématiquement ciblées par Moscou.
- Maintenance exigeant des centaines de techniciens formés en France.