Macron, entends-tu ? Nous avons tellement l’habitude de la surdité du président lorsque les citoyens réclament de meilleures conditions de vie et un abandon total de la réforme des retraites, sa dernière décision concernant l’accord de la France sur le traité Mercosur peut surprendre. C’est qu’ici, il entend clairement les paysans qui s’opposent à ce traité de libre-échange et qui sont parvenus à faire éclater leur colère au pied de la tour Eiffel. Il entend également les menaces du président des Républicains (LR), Bruno Retailleau, lorsque celui-ci menace le gouvernement d’une censure. Ce dernier l’a encore répété jeudi matin dans la matinale de France Inter.
Depuis décembre, Emmanuel Macron avait obtenu, avec le soutien de l’Italie, un report de la décision européenne à janvier. Le temps d’obtenir de nouvelles garanties en matière de concurrence et d’environnement. Jusqu’à ces derniers jours, il évoquait une abstention. Ce 9 janvier, alors que l’Italienne Giorgia Meloni abandonne ses réserves après avoir empêché la majorité requise fin décembre, le président français votera contre l’accord avec ses homologues polonais, hongrois et autrichien. Les Pays-Bas sont très réticents mais voteront probablement favorablement.
Cela n’empêche, sur les 27 États européens, ces quatre oppositions ne suffiront pas à retirer l’accord. Si les nouvelles concessions de la Commission européenne ne suffisent pas à rassurer les opposants, dont les agriculteurs français qui craignent la concurrence des pays du Mercosur, la présidente de cette commission, Ursula von der Leyen, pourra signer en toute quiétude lundi 12 janvier, au Paraguay.
Ce traité commercial est sur la table depuis 25 ans. Il a été élaboré 10 ans après la création du Mercosur, le 26 mars 1991, le marché commun entre le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay. Le Mercosur réunit 270 millions d’habitants.