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Histoire de famille

Comment une Française est devenue Présidente de la Géorgie ?

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Mise à jour le 6 février 2026
Temps de lecture : 4 minutes

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Géorgie

Se présentant aujourd’hui comme « la principale opposante » au gouvernement géorgien, Salomé Zourabichvili a été présidente de la Géorgie de 2018 à 2024. France Inter, RFI, Radio classique, France 24 : la Géorgienne à l’accent français est en campagne médiatique sur nos ondes depuis le début de semaine.

Elle accuse le gouvernement géorgien, dirigé par son ancien parti le Rêve géorgien, d’être « pire qu’une dictature », un « proxy » de la Russie, « un territoire occupé », « comme la France de Pétain », « totalitaire ».

Ayant perdu les élections législatives et présidentielle en 2024, Salomé Zourabichvili continue d’affirmer qu’elle est la présidente légitime de la Géorgie.

Née à Paris, diplomate française

Salomé est née en 1952 à Paris, de parents géorgiens qui ont quitté leur pays en 1921 lors de la Révolution soviétique. Après des études à Sciences Po, elle est formée à Columbia par Zbigniew Brzeziński, artisan de la politique étrangère de Washington, promouvant l’élargissement de l’OTAN et la dislocation de la Russie (Le Grand Échiquier). À partir de 1974, elle rejoint le Quai d’Orsay et sert la France dans de nombreuses capitales étrangères, puis au centre d’analyses du ministère français.

C’est dans le cadre de ses fonctions qu’elle visite la Géorgie pour la première fois en 1986, à 34 ans. Salomé Zourabichvili travaille ensuite à l’ambassade de France au Tchad lors du coup d’État soutenu par la France, et poursuit en tant que représentante de notre pays à l’OTAN.

Progressivement conseillère, inspectrice, puis directrice au Quai d’Orsay, elle travaille ensuite directement pour le gouvernement français au Secrétariat général de la Défense nationale. Le Président Jacques Chirac la nomme ambassadrice de France en Géorgie, puis l’aide en 2003 à devenir ministre des Affaires étrangères en Géorgie après le renversement d’Edouard Chevardnadze, ancien dirigeant du Parti communiste géorgien et ancien ministre des Affaires étrangères de l’Union soviétique.

Géorgienne à 52 ans

Elle obtient dès lors la nationalité géorgienne, en 2004, à 52 ans, pour être ministre.

Salomé mène les négociations pour tenter d’intégrer la Géorgie à l’Union européenne et à l’OTAN. Grâce à elle, Tbilissi participe aux guerres d’Afghanistan et d’Irak en « solidarité » avec les États-Unis d’Amérique.

Lorsque le Président atlantiste Mikheïl Saakachvili devient impopulaire à cause de son exercice autoritaire du pouvoir, Salomé rentre dans l’opposition. Quelques mois plus tôt, fin 2005, elle sortait du gouvernement en accusant « le cancer du communisme » d’un revers qu’elle venait de subir au Parlement.

Anticommunisme et antisoviétisme de famille

Dès les années 1920, les Zourabichvili émigrent en France. L’oncle paternel de Salomé, Georges, collabore ensuite avec l’occupant allemand sous le régime de Vichy. En matière de pétainisme, dont elle accuse le gouvernement géorgien actuel, Salomé en connaît un rayon.

Du côté de sa mère, son oncle Mikhaïl Keida est une figure de premier plan de la Légion géorgienne, créée par la Wehrmacht en Pologne occupée, qui a bien travaillé avec l’Allemagne nazie. Cette unité a été notamment déployée en France occupée avant sa reddition en Ardèche.

Son grand-père maternel, Melkisedek Kedia, a été chef des forces spéciales du ministère géorgien de l’Intérieur de 1918 à 1921, chargées de contrer les activités des bolcheviques. Il a ainsi arrêté et fait fusiller des centaines de bolcheviques géorgiens. Le cinéaste géorgien Nikolaï Chenguelaia raconta la répression contre les révolutionnaires communistes dans le Caucase dans le film Les 26 Commissaires.

Une figure de la famille davantage connue en France est l’académicienne Hélène Carrère d’Encausse, cousine de Salomé, ancienne députée UDF-RPR et présidente du Comité national pour le « oui » au traité de Maastricht.

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