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Royaume-Uni

Affaire Mandelson–Epstein, le double standard moral des élites occidentales

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Mise à jour le 13 février 2026
Temps de lecture : 4 minutes

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États-Unis Justice Royaume-Uni

L’enquête pénale ouverte par la police londonienne visant Peter Mandelson, ancien ministre travailliste et ex-ambassadeur aux États-Unis, fragilise profondément le gouvernement de Keir Starmer. En cause : des documents rendus publics aux États-Unis révélant une relation durable avec le financier Jeffrey Epstein, y compris après sa condamnation de 2008, ainsi que des paiements et des échanges d’informations sensibles. L’affaire met en lumière l’écart entre les discours moraux tenus par certaines élites occidentales et leurs pratiques réelles.

La crise éclate à la suite de la publication, aux États-Unis, de documents judiciaires et de correspondances privées liés à Jeffrey Epstein. Ces éléments, largement repris par la presse internationale, montrent que Peter Mandelson a entretenu avec Epstein des relations suivies dès le début des années 2000, y compris après la condamnation pénale d’Epstein en 2008 pour des faits sexuels impliquant des mineures.

Une proximité durable révélée par des documents judiciaires

Un message attribué à Mandelson dans un « livre d’anniversaire » de 2003 qualifie Epstein de « meilleur ami ». D’autres courriels rendus publics montrent des messages de soutien personnel adressés au financier lorsqu’il était poursuivi puis incarcéré. Ces documents contredisent les déclarations antérieures de Mandelson, qui avait toujours minimisé la nature de cette relation.

Face à l’ampleur de ces révélations, le gouvernement britannique opère un revirement rapide. En septembre 2025, Mandelson est écarté de son poste d’ambassadeur à Washington. Début 2026, il quitte le Parti travailliste puis se retire de la Chambre des Lords, la chambre haute du Parlement. Une chute politique emblématique, dans un pays qui se veut pourtant exemplaire en matière d’éthique publique.

Argent, informations sensibles et crédibilité politique en question

L’enquête de la Metropolitan Police porte sur l’infraction de misconduct in public office, que l’on peut traduire par faute grave commise par un responsable public dans l’exercice de ses fonctions. Elle vise notamment l’abus de position et l’usage inapproprié d’informations non publiques.

Selon des documents financiers cités par plusieurs médias, des paiements totalisant 75 000 dollars, effectués par Epstein au début des années 2000, apparaissent dans des comptes liés à Mandelson ou à son partenaire. Un versement supplémentaire d’environ 10 000 livres sterling en 2009, destiné à financer une formation professionnelle, est également mentionné. Ces éléments ne constituent pas une condamnation, mais ils font partie du dossier examiné par les enquêteurs.

Plus sensible encore, des courriels rendus publics indiquent que Mandelson aurait transmis à Epstein des informations politiques et économiques non publiques, notamment sur des orientations fiscales et des décisions économiques majeures en préparation. Certaines sont décrites comme susceptibles d’influencer les marchés financiers.

Au-delà du cas individuel, l’affaire fragilise un pouvoir britannique qui, depuis des années, se pose en donneur de leçons morales à la scène internationale, prompt à dénoncer ailleurs la corruption et les collusions. L’opposition réclame désormais la transparence sur les procédures ayant précédé la nomination de Mandelson.

Keir Starmer affirme que les éléments récemment révélés étaient inconnus à l’époque. Mais le malaise demeure.


Jeffrey Epstein : une condamnation connue, y compris en France

Condamné en 2008 aux États-Unis pour sollicitation de prostitution de mineure, Jeffrey Epstein bénéficie alors d’un accord judiciaire très controversé, lui permettant de purger une peine aménagée. Cette condamnation est publique et largement médiatisée bien avant sa mort en 2019.

À la même période, Epstein est bien connu en France, où il séjourne régulièrement plusieurs mois par an dans un hôtel particulier situé avenue Foch, à Paris. Sa présence dans des cercles mondains et politiques est documentée.

Le scandale Epstein connaît d’ailleurs en France de nouveaux développements. La famille de Jack Lang, ancien ministre socialiste, a été éclaboussée par des révélations liées à ce dossier, conduisant sa fille à démissionner récemment de ses fonctions. La condamnation de 2008 ne pouvait être ignorée par les responsables politiques et institutionnels ayant continué à fréquenter Epstein après cette date.

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