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Municipales 2026

Pierre Lacaze. « Le PCF a résisté et reconquis même quand la gauche socialiste et écologiste recule »

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Mise à jour le 3 avril 2026
Temps de lecture : 6 minutes

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PCF Fabien Roussel Municipales 2026

À l’issue des élections municipales, le Parti communiste français revendique des résultats qu’il juge sous-estimés. Entre reconquêtes symboliques, ancrage local et conquêtes d’ampleur, Pierre Lacaze défend une lecture offensive du scrutin. Nous l’avons rencontré.

Au lendemain des municipales, le récit s’est rapidement imposé : progression des droites, percées du RN, gauche fragmentée. Une grille de lecture que conteste en partie Pierre Lacaze. Une lecture à rebours du récit dominant Sur le même sujet Entretien : Florian Gulli revient sur la « centralité stratégique de la classe ouvrière » « Beaucoup vont chercher à masquer, à banaliser cette résistance du PCF. Pourtant, elle est là, elle est tangible, et elle s’appuie sur des réalités de terrain », affirme-t-il d’emblée. Car derrière les dynamiques nationales, le dirigeant communiste insiste sur un parti qui conserve un ancrage local dense et capable de reconquérir. « On nous annonçait en recul partout. En réalité, nous regagnons des villes importantes et nous consolidons l’essentiel. » À Nîmes, ville de plus de 150 000 habitants, une liste conduite par les communistes l’emporte face à l’extrême droite, malgré une candidature concurrente de La France insoumise. À Aubagne, 47 000 habitants, la mairie repasse également sous direction communiste. Deux victoires que…

Une lecture à rebours du récit dominant

« Beaucoup vont chercher à masquer, à banaliser cette résistance du PCF. Pourtant, elle est là, elle est tangible, et elle s’appuie sur des réalités de terrain », affirme-t-il d’emblée.

Car derrière les dynamiques nationales, le dirigeant communiste insiste sur un parti qui conserve un ancrage local dense et capable de reconquérir. « On nous annonçait en recul partout. En réalité, nous regagnons des villes importantes et nous consolidons l’essentiel. »

À Nîmes, ville de plus de 150 000 habitants, une liste conduite par les communistes l’emporte face à l’extrême droite, malgré une candidature concurrente de La France insoumise. À Aubagne, 47 000 habitants, la mairie repasse également sous direction communiste. Deux victoires que Lacaze met en avant comme des marqueurs politiques forts et prometteurs pour l’avenir. « Cela faisait des années que ces villes avaient été perdues. Les reprendre dans ce contexte, ce n’est pas anodin. »

Un ancrage municipal qui résiste

Ces résultats s’inscrivent dans une continuité. Déjà en 2020, malgré des pertes sensibles, le PCF avait démontré une capacité de résistance, notamment en conservant un réseau d’élus locaux dense et en jouant un rôle pivot dans de nombreuses majorités.

En 2026, cette logique se confirme. Le parti a conservé « 90 % des villes de plus de 10 000 habitants » qu’il dirigeait.

Pour Pierre Lacaze, cet ancrage territorial reste un élément structurant du paysage politique. « Aucun commentateur ne peut sérieusement passer à côté de ces résultats. Nous sommes, et de loin, la deuxième force de gauche en nombre de maires et d’élus. »

Au-delà des chiffres, c’est une conception du rôle municipal qui est revendiquée : services publics locaux, action sociale, vie associative, présence dans les quartiers populaires et développement économique. « Nos élus sont utiles concrètement. C’est aussi pour cela qu’ils tiennent. »

La stratégie d’union revendiquée

Selon Pierre Lacaze, « 90 % des victoires ont été construites dans des accords avec les socialistes et les écologistes ».

Une ligne assumée dès 2024, avec l’objectif de privilégier des majorités larges dès le premier tour. « C’est la plupart du temps au premier tour que se gagne l’élection. Quand on part unis, avec un projet clair, on crée un rapport de force dans des élections comme celles-ci. »

En creux, le responsable communiste critique la stratégie de La France insoumise. « Ils ont cherché à se compter, parfois contre la gauche elle-même, en pensant créer une dynamique. Mais on ne gagne pas en divisant. » Et de trancher : « Le résultat, c’est qu’ils progressent peu, et surtout qu’ils ne s’implantent pas durablement dans les territoires. »

Une gauche fragilisée, une droite renforcée

Cette lecture offensive ne masque pas les tendances lourdes du scrutin. La progression de la droite et de l’extrême droite est bien réelle, notamment en dehors des grandes villes.

Le RN augmente significativement son nombre de maires et enregistre des scores élevés dans de nombreux territoires. La droite traditionnelle progresse également, profitant du contexte national.

Du côté de la gauche, les difficultés persistent. Le PS subit des pertes importantes, notamment dans les villes moyennes, tandis que les écologistes reculent après leurs succès de 2020. LFI, malgré quelques gains, peine à transformer ses résultats nationaux en implantation locale viable.

Dans ce paysage fragmenté, le PCF entend apparaître comme un point d’appui. « Dans une période de crise démocratique et sociale, il faut des forces solides, implantées, capables d’agir. C’est ce que nous représentons. »

Entre consolidation et alertes

Le tableau reste toutefois contrasté. Le PCF enregistre aussi des défaites, parfois serrées, et subit une forte pression du RN dans certains territoires, particulièrement dans le Pas-de-Calais.

L’abstention élevée, y compris dans les bastions historiques, constitue un signal d’alerte. « Elle fragilise tout le monde. Elle dit quelque chose de profond sur la crise démocratique que traverse le pays », souligne Lacaze.

À court terme, ces municipales pèsent déjà sur les échéances à venir : sénatoriales, présidentielle, législatives. Pour le PCF, l’objectif reste de capitaliser sur cet ancrage local.

« Nous avons prouvé que nous pouvions gagner, y compris dans un contexte difficile », insiste Pierre Lacaze. « Maintenant, il faut transformer cet ancrage en dynamique politique plus large. » Et de conclure : « Ce que montrent ces municipales, c’est qu’il existe un chemin. À nous de l’élargir. »

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