C’est assurément une perte douloureuse pour la cause palestinienne qu’elle aura toujours portée. Leïla Shahid était née le 13 juillet 1949 à Beyrouth, au Liban. C’est là que sa mère avait été déportée des années plus tôt. La Palestine était alors sous mandat britannique et les Anglais se débarrassaient des dirigeants du mouvement nationaliste palestinien en les envoyant dans des pays sous mandat français. En 1967, Leïla Shahid a 18 ans et passe son baccalauréat au collège protestant français de Beyrouth. C’est cette année-là qu’éclate la guerre des Six Jours, le 5 juin 1967. Après la défaite des armées syrienne, égyptienne et jordanienne, elle s’engage au sein du Fatah et se consacre aux camps de réfugiés palestiniens du Sud-Liban. Son engagement pour la Palestine ne cessera jamais. Après des études supérieures à Beyrouth (sociologie et anthropologie) et sa soutenance de thèse en 1974, elle poursuit à Paris à l’École pratique des hautes études où elle prépare un doctorat sur les camps de réfugiés palestiniens. C’est à cette période qu’elle rencontre le futur représentant de l’Organisation de libération de la Palestine…
En 1967, Leïla Shahid a 18 ans et passe son baccalauréat au collège protestant français de Beyrouth. C’est cette année-là qu’éclate la guerre des Six Jours, le 5 juin 1967. Après la défaite des armées syrienne, égyptienne et jordanienne, elle s’engage au sein du Fatah et se consacre aux camps de réfugiés palestiniens du Sud-Liban. Son engagement pour la Palestine ne cessera jamais.
Après des études supérieures à Beyrouth (sociologie et anthropologie) et sa soutenance de thèse en 1974, elle poursuit à Paris à l’École pratique des hautes études où elle prépare un doctorat sur les camps de réfugiés palestiniens. C’est à cette période qu’elle rencontre le futur représentant de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Ezzedine Kalak (assassiné en 1978) et qu’elle devient présidente, en 1976, de l’Union des étudiants palestiniens en France.
En 1978, elle épouse l’écrivain marocain Mohamed Barrada. Le couple vit pendant dix ans au Maroc, puis à Bruxelles et dans le Gard.
Le CV de Leïla Shahid est bien plus riche que ces quelques lignes. La suite de sa carrière l’est encore davantage. Dès lors qu’elle devient représentante de l’OLP en Irlande (1989), aux Pays-Bas puis au Danemark (1990), en France durant deux décennies (1994 – 2005) et auprès de l’Union européenne jusqu’en 2015, elle sera l’avocate sans doute la plus puissante de la cause palestinienne. On la voit et -surtout- on l’entend sur tous les médias. Elle plaide. Et elle plaide partout. Les médias, certes, mais pas seulement. Elle se déplace, elle répond aux invitations multiples.
Par exemple, dans la région (aujourd’hui) des Hauts-de-France, elle a laissé un souvenir indélébile. Les journalistes s’en souviennent peut-être, lorsqu’elle est venue débattre (le mot « débattre » est essentiel), avec la presse au Club de la presse au début des années 2000, avant d’aller échanger dans l’amphi de l’École supérieure de journalisme de Lille.
Nous avions affaire à une grande dame, une personne qui savait échanger et essuyer les critiques. Jamais de haine, jamais de mépris (pour qui ne connaissait pas le dossier israélo-palestinien), jamais de condescendance. Une femme. Pétrie de ses convictions. Une femme sachante. Une femme résistante. Le poète Mahmoud Darwich aurait abandonné.
Mais qu’a-t-elle subi, au fond de ses convictions et de son cœur ? Les accords d’Oslo de 1993 ? Une plaie. Les attaques, attentats, le pogrom, d’octobre 2023. Une plaie. Et entre deux ? Elle était une résistante, elle était une femme de paix.
Leïla Shahid n’aura pas connu l’État de Palestine. Elle aura connu, toujours, la guerre. Elle qui n’avait pas de haine, parce que sa volonté, c’était la Paix. C’était le respect du peuple palestinien. C’était l’indépendance, la souveraineté, la liberté du peuple palestinien.
Il y a peu, nous l’entendions encore, sans haine mais avec conviction, défendre ce peuple, son territoire, son État. S’estimant vaincue par la maladie, elle a choisi de se donner la mort.
C’est la mort d’une grande combattante qu’il nous faut célébrer maintenant.
Leïla Shahid, nous t’aimons. Ta voix continuera à porter ta cause. Une juste et noble cause, celle que combattent aujourd’hui et depuis trop longtemps les uniformes de la haine.
Vive la Palestine. Vive le peuple palestinien libre.