Alors que des négociations avaient lieu ces derniers jours à Genève, beaucoup espéraient encore une issue diplomatique. Il n’en sera rien. Le « gendarme du monde », garant autoproclamé de « valeurs communes » dont les dirigeants européens se font si volontiers les porte-étendards, a choisi une nouvelle fois la voie des bombes.
Il n’a pas fallu deux heures pour que l’armée israélienne confirme, dans un communiqué laconique, avoir visé « des dizaines d’objectifs militaires » sur le sol iranien, après des mois de planification avec Washington. Tel-Aviv parle du « plus grand raid aérien » de son histoire, mobilisant plus de 200 avions de combat. De son côté, Donald Trump, casquette « USA » vissée sur la tête, promet que « des bombes vont pleuvoir de partout ».
La réaction en chaîne est déjà là. Bien plus violente que lors de la « guerre de douze jours » lancée par Tel-Aviv en juin dernier. Cette fois, les explosions ont retenti aux quatre coins du pays. Civils et responsables du régime auraient été visés. Benjamin Netanyahou promet de poursuivre l’opération « aussi longtemps que nécessaire ».
En réponse, l’Iran a frappé Israël ainsi que des bases américaines au Bahreïn, au Qatar, à Abou Dhabi, au Koweït, en Jordanie et en Arabie saoudite. Le Moyen-Orient entre dans une phase dont nul ne peut aujourd’hui prédire l’issue.
Jusqu’où peut aller cette escalade ? Jusqu’à une catastrophe nucléaire ? Moscou évoque déjà « une aventure dangereuse qui rapproche rapidement la région d’une catastrophe humanitaire, économique et, ce n’est pas à exclure, radiologique ». La Russie dénonce une tentative de « détruire l’ordre constitutionnel d’un État qui a refusé de se soumettre au diktat de la force ».
Les réactions se multiplient. Le fils du Shah, Reza Pahlavi, se dit « très proche de la victoire finale ». Cela fait des mois que, de plateaux en journaux, il appelle à ce que « son » pays soit bombardé. Le Tudeh (Parti communiste iranien - ndlr) le qualifie de « mercenaire » ; au même titre que les Moudjahidines du peuple qui saluent l’offensive.
L’Indonésie propose sa médiation. La Norvège condamne une action « contraire au droit international » mais, à l’instar d’une majorité des chancelleries européennes, fait fi de la souveraineté du peuple iranien. Emmanuel Macron indique que la France se tient « prête à déployer les moyens nécessaires à la protection de ses partenaires les plus proches selon leur sollicitation », tout en appelant à « la désescalade ».
Une réunion exceptionnelle du Conseil de sécurité de l’ONU doit se tenir dans les prochaines heures. Pour le Tudeh, cette offensive constitue « une tentative de détruire l’Iran en tant que puissance régionale et d’imposer un gouvernement dépendant et autoritaire ».
Pendant ce temps, l’on a appris que le détroit d’Ormuz serait désormais bloqué. Près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole liquide et un cinquième du commerce mondial de gaz naturel liquéfié transitent par ce passage stratégique. Les conséquences économiques pourraient être colossales.
Les prochaines heures seront décisives. Liberté Actus suivra de près les développements de la situation.