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Danger à l’Est

L’Allemagne enfreint le traité de Moscou et la France reste silencieuse

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Mise à jour le 13 février 2026
Temps de lecture : 6 minutes

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Armement Union européenne OTAN Allemagne

Friedrich Merz veut faire de la Bundeswehr « l’armée la plus puissante d’Europe ». Pourtant, cela contrevient aux engagements pris devant les pays alliés de la Seconde Guerre mondiale en 1990. Alors que notre puissant voisin enfreint un traité dont la France est cosignataire, le gouvernement français n’exprime aucune préoccupation et ne pose aucune limite.

En 2026, le budget militaire allemand sera le double de celui de la France (108 milliards contre 57 milliards d’euros). L’Allemagne projette de mobiliser 260 000 soldats d’active et 200 000 réservistes, alors qu’elle devait réduire ses forces armées en dessous de 370 000 hommes. Elle prévoit donc 100 000 militaires de trop, par rapport à ce qui a été convenu avec notre pays. Qu’est-ce que le traité de Moscou ? Signé le 12 septembre 1990 à Moscou pour « régler définitivement » le statut international de l’Allemagne, le traité 4 +2 est un accord entre les deux Allemagnes (fédérale et démocratique) ainsi que la France, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’URSS. Il permet à l’Allemagne de tourner la page de la capitulation du 8 mai 1945, à condition de reconnaître les frontières existantes et d’abandonner définitivement toute revendication territoriale. À lire aussi : RDA, l’histoire d’un pays disparu que l’Allemagne voudrait effacer À lire aussi Europe  : L’Europe à l’épreuve de l’Histoire face au réarmement allemand Plusieurs garanties sont négociées par les…


Qu’est-ce que le traité de Moscou ?

Signé le 12 septembre 1990 à Moscou pour « régler définitivement » le statut international de l’Allemagne, le traité 4 +2 est un accord entre les deux Allemagnes (fédérale et démocratique) ainsi que la France, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’URSS. Il permet à l’Allemagne de tourner la page de la capitulation du 8 mai 1945, à condition de reconnaître les frontières existantes et d’abandonner définitivement toute revendication territoriale.

À lire aussi : RDA, l’histoire d’un pays disparu que l’Allemagne voudrait effacer

Plusieurs garanties sont négociées par les anciens alliés : la préparation d’une guerre d’agression constitue une « infraction punissable », l’Allemagne renonce à l’arme nucléaire et elle doit réduire ses forces armées à 370 000 toutes forces confondues.

Cet engagement chiffré est notamment mentionné dans le rapport sénatorial sur la loi de ratification du traité par la France, qui dit par ailleurs : « les Soviétiques acceptaient l’appartenance de l’Allemagne unie à l’OTAN et s’engageaient à retirer leurs forces stationnées en RDA en quatre ou cinq ans.

En contrepartie, les autorités allemandes confirmaient les concessions acceptées par l’OTAN lors du sommet de Londres, c’est-à-dire le non-stationnement de forces étrangères sur le territoire de la RDA et la limitation du niveau des forces armées allemandes, ainsi que leur renonciation aux armes nucléaires, biologiques et chimiques ».

Jusqu’où le réarmement allemand ira-t-il ?

L’Agence France-Presse a tenté de démentir il y a 2 ans, dans un article d’Alexis Orsini, l’infraction du traité de Moscou par l’Allemagne. Il était question à l’époque des livraisons d’armes à l’Ukraine. Depuis, force est de constater que le gouvernement allemand a pris davantage de liberté vis-à-vis de ses engagements passés, en augmentant considérablement ses effectifs militaires. On a là une annulation d’une des contreparties les plus importantes de l’accord de 1990.

Mais encore. À quoi bon devenir « l’armée la plus puissante » si ce n’est pour préparer une guerre d’agression ? Il est clair que la participation régulière à des opérations extérieures sous l’égide de l’OTAN, en contradiction avec la Charte des Nations unies, est déjà un manquement aux promesses faites par la RFA.

Sur l’armement aussi, l’Allemagne a récemment escaladé en proposant à l’Ukraine des missiles à longue portée Taurus, permettant d’atteindre des cibles en profondeur en Russie. Depuis le mois dernier, le Taurus NEO, frappant précisément à 500 kilomètres, est entré en production. L’objectif d’une telle arme est bien d’attaquer un pays étranger loin des territoires allemands.

Certaines déclarations des autorités allemandes sont également ambiguës sur la possession et le contrôle d’armes nucléaires. Le chancelier Merz évoque un « partage » de l’arme nucléaire avec la France, aidé par Emmanuel Macron qui s’est montré ouvert à un partage (et un abandon ?) de souveraineté sur le sujet.

À lire aussi : L’armée allemande minée par les scandales, entre extrême droite et violences sexuelles

Un général de la Bundeswehr, Frank Pieper, a même affirmé que son pays a « besoin de ses propres armes nucléaires ». Proprement scandaleux au regard de l’histoire et une vraie menace pour la paix.

Aucune réaction à Paris

Au lieu de tempérer les appétits d’outre-Rhin, les autorités françaises laissent faire et laissent dire. On aurait pourtant intérêt à exprimer des inquiétudes en voyant l’Allemagne transgresser peu à peu tous les tabous de la sécurité européenne. Si nos « alliés » abandonnent un à un les limitations à l’usage de la force que nous avons défini avec eux, à la suite d’une histoire continentale violente, à quel moment sera-t-il trop tard pour protester ?

La coopération franco-allemande sur l’avion de combat SCAF bat de l’aile. Là où Dassault refuse de céder les savoir-faire et les technologies françaises à l’Allemagne, Airbus Allemagne et Airbus Espagne veulent obtenir la majorité du pouvoir de décision.

En bref, un transfert technologique au détriment de l’emploi et de la maîtrise politique française. Pour l’instant, le gouvernement français priorise la soi-disant « défense européenne » à l’indépendance nationale et au maintien de capacités industrielles autonomes.

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