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En Allemagne

GLS Bank veut fermer tous les comptes du Parti communiste allemand

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Mise à jour le 26 décembre 2025
Temps de lecture : 4 minutes

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Allemagne

La GLS Bank, pourtant réputée pour son « éthique sociale », a décidé de fermer au 31 décembre 2025 tous les comptes du Parti communiste allemand (DKP) et de ses organisations affiliées.

Une mesure prise après des questions insistantes sur une collecte destinée à l’aide humanitaire pour Cuba, pays soumis à un étranglement financier permanent. Pour le DKP, il ne s’agit pas d’un incident administratif, mais d’un acte d’anticommunisme institutionnel qui interroge le pouvoir politique des banques privées dans une démocratie.

Une banque « éthique » qui coupe les vivres à un parti légal

La décision est tombée en octobre 2025 : la GLS Bank met fin à toute relation avec le DKP, invoquant une clause de ses conditions générales lui permettant de résilier sans motivation publique. Ce geste radical intervient quelques semaines après un échange atypique. En septembre, une employée de la banque contacte le parti pour obtenir « en urgence » des informations sur l’usage de ses comptes. Les questions ciblent directement des fonds collectés pour une campagne de solidarité à destination de Cuba, pays soumis depuis plus de soixante ans à un blocus américain sévèrement renforcé depuis 2019, et qui dépend largement de réseaux internationaux de soutien pour acheter des médicaments, du carburant ou même des fournitures médicales de base.

Le DKP fournit tous les éléments demandés. Silence radio. Puis, sans explication, arrive la notification de fermeture définitive, assortie d’une interdiction d’ouvrir le moindre nouveau compte. Pour un parti légal, disposant d’élus locaux et actif dans le paysage politique allemand, le signal est clair : une banque privée peut décider souverainement qui a droit ou non à une infrastructure financière pourtant indispensable pour fonctionner.

Le « debanking », nouvelle frontière de la censure politique

Le DKP dénonce un « anticommunisme institutionnel », estimant que la mesure vise à entraver sa solidarité internationale et ses campagnes publiques. L’affaire s’inscrit dans une tendance plus large : le « debanking », cette pratique consistant à couper l’accès aux services bancaires pour des raisons idéologiques, sous couvert de conformité interne ou de gestion du risque réputationnel.

Sous prétexte de conformité, une banque privée peut ainsi devenir un acteur politique, sans contrôle démocratique ni obligation de transparence. Ce pouvoir exorbitant place les organisations jugées « sensibles » dans une situation d’asphyxie potentielle : plus de compte bancaire signifie impossibilité de collecter des dons, de payer un loyer, de gérer une publication ou une campagne.

Dans le cas spécifique du soutien à Cuba, cela revient, de fait, à conjuguer l’action financière d’une banque coopérative allemande avec l’effet cumulatif du blocus américain, en empêchant des flux de solidarité qui permettent au pays de respirer.

Le « debanking », comment ça marche ?

Le debanking repose sur trois mécanismes :

  • Clauses contractuelles unilatérales : la plupart des banques se réservent le droit de résilier un compte sans justification publique.
  • Les institutions peuvent fermer un compte si elles estiment que le client pourrait nuire à leur image.
  • Sous couvert de lutte contre le blanchiment, certaines banques étendent le champ des contrôles aux activités politiques ou militantes.

Ces pratiques ne sont encadrées ni par la Constitution allemande ni par une régulation spécifique, ce qui ouvre la voie à des usages idéologiques difficilement contestables sur le plan juridique.

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