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État des lieux :
2026, l’Occident à la peine
Deux hôtels de luxe sont privatisés pour l’occasion. Dans les couloirs du Bayerischer Hof et du Rosewood Munich se croisent chefs d’État, ministres, généraux et dirigeants de groupes industriels. Le décor est celui d’un monde sûr de lui. Le ton, beaucoup moins.
Car derrière les formules – « monde divisé entre herbivores et carnivores », « retour des Empires » – apparaît une inquiétude plus profonde. La « reconfiguration du lien transatlantique » dont parlent les dirigeants européens n’est pas née d’un caprice de Donald Trump. Elle est l’aveu tardif d’un déplacement plus ancien des rapports de force.
Vendredi 13 février, Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Keir Starmer tenaient le haut de l’affiche. Le chancelier allemand a confirmé des « discussions confidentielles » avec Paris sur la dissuasion nucléaire européenne, avant d’en appeler à « raviver et réparer » la confiance transatlantique. Servitude volontaire ou servitude intéressée ?
Le président français, lui, a affirmé qu’« il n’y aura pas de paix sans les Européens » en Ukraine. L’histoire récente ferait dire l’inverse aux Russes, qui ont un souvenir tenace des accords de Minsk sabotés par le fameux couple franco-allemand. Plus encore lorsque la paix est présentée comme le fruit d’un « renforcement de la pression » et du ciblage de la « flotte fantôme » russe. Voilà quatre ans, sinon davantage, que la paix est invoquée pour justifier l’escalade.
Et les États-Unis ? Malgré ses déclarations des derniers mois, Emmanuel Macron reconnaît qu’il faut être « un bon partenaire » et surtout pas « une charge » pour Washington. En clair, accepter l’objectif des 5 % du PIB consacrés à la défense, exigence américaine au nom d’une sécurité européenne devenue trop coûteuse. L’« autonomie » prend ici des allures de sous-traitance pour des États-Unis en grande difficulté.