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Ali Larijani , Parmida Rahimi - CC BY 2.0
Iran

Qui était Ali Larijani, le puissant chef de la sécurité nationale iranienne

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Mise à jour le 27 mars 2026
Temps de lecture : 5 minutes

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Guerre États-Unis Iran

L’assassinat ciblé d’Ali Larijani par Israël est présenté par Tel-Aviv comme un coup fatal porté au sommet de l’État iranien. Pourtant, loin d’annoncer le crépuscule du régime, cette disparition met en lumière l’enlisement profond de l’offensive menée par les États-Unis et Israël.

Face à un appareil d’État décentralisé et résilient, la stratégie de décapitation militaire s’avère non seulement inefficace, mais elle enferme l’alliance américano-israélienne dans une guerre sans issue viable. Architecte discret mais central du pouvoir iranien Issu d’une famille influente, Ali Larijani, éliminé lors d’une frappe ciblée à Téhéran, dénotait dans le paysage politique iranien. Contrairement à ce qu’on a pu parfois entendre, ce fils d’un grand ayatollah n’était pas lui-même membre du clergé. Cet architecte du régime s’est illustré par un profil intellectuel atypique : après des études de mathématiques, il a décroché un doctorat en philosophie occidentale à l’université de Téhéran. Adepte de la pensée d’Emmanuel Kant, il a publié plusieurs ouvrages sur le philosophe allemand, explorant notamment les liens complexes entre science et religion. À lire aussi Moyen-Orient : L’impossible victoire des États-Unis et d’Israël face à l’Iran Propulsé à la tête du Conseil suprême de sécurité nationale, cet homme de l’ombre s’était…

Architecte discret mais central du pouvoir iranien

Issu d’une famille influente, Ali Larijani, éliminé lors d’une frappe ciblée à Téhéran, dénotait dans le paysage politique iranien. Contrairement à ce qu’on a pu parfois entendre, ce fils d’un grand ayatollah n’était pas lui-même membre du clergé. Cet architecte du régime s’est illustré par un profil intellectuel atypique : après des études de mathématiques, il a décroché un doctorat en philosophie occidentale à l’université de Téhéran. Adepte de la pensée d’Emmanuel Kant, il a publié plusieurs ouvrages sur le philosophe allemand, explorant notamment les liens complexes entre science et religion.

Propulsé à la tête du Conseil suprême de sécurité nationale, cet homme de l’ombre s’était imposé comme le dirigeant de facto de l’Iran après la mort du Guide suprême. Sur l’échiquier politique, il était perçu comme un fin tacticien, alliant loyauté idéologique et pragmatisme.

Cette approche nuancée en avait fait un acteur incontournable sur la scène géopolitique. En tant que négociateur en chef du dossier nucléaire iranien, il avait soutenu l’accord historique de Vienne en 2015. Plus encore, Larijani représentait une figure ouverte à la discussion et entretenait des liens étroits avec plusieurs pays du Golfe, comme l’Arabie saoudite et Oman. Sa mort soudaine prive brutalement la région de canaux diplomatiques cruciaux.

Une stratégie de décapitation militaire vouée à l’échec

Si des têtes tombent au sommet de l’État iranien, cet assassinat illustre avant tout l’impasse stratégique dans laquelle se trouvent Washington et Tel-Aviv. Renverser les autorités iraniennes pour installer un gouvernement docile s’avère être une mission impossible, mais avouer cet échec représenterait un suicide politique pour les dirigeants alliés.

Cette fuite en avant militaire est exacerbée par des agendas personnels divergents : Donald Trump a les yeux rivés sur les élections de mi-mandat en novembre qui ne peuvent s’accommoder d’une guerre qui s’éternise, tandis que Benyamin Nétanyahou a tout intérêt à prolonger le conflit pour repousser son procès. Les doutes rongent d’ailleurs l’administration américaine elle-même, comme en témoignent le silence de J.D. Vance ou encore la démission fracassante de Joe Kent, directeur du Centre national antiterroriste américain, qui a dénoncé sur X que « l’Iran ne représentait aucune menace imminente ».

Sur le terrain, la stratégie d’élimination ciblée des leaders iraniens se heurte à un mur de résilience. Les spécialistes de l’Iran rappellent que le pays dispose d’une élite politique pléthorique estimée à environ 2 800 personnes. Comme le souligne le politologue Mehrzad Boroujerdi, seuls six ou sept membres de cette élite ont été assassinés. Couper une tête de l’hydre n’empêchera pas deux autres de repousser et le peuple iranien ne se soulèvera pas simplement parce que quelques caciques ont été éliminés.

Rappelons que l’Iran a, par ailleurs, activé une doctrine de « défense mosaïque » ultra-décentralisée. En cas de mort de son commandement central, le contrôle de l’armée est immédiatement transféré à de multiples cellules autonomes capables de poursuivre les combats de leur propre chef. L’espoir d’un effondrement rapide du pays s’effondre donc face à cette organisation où la destruction d’un centre de commandement ne paralyse pas l’ensemble du dispositif, transformant le conflit en une véritable guerre d’usure.

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