Comme vous avez pu le lire dans nos colonnes, il y a moins d’un an, l’Arménie toquait à la porte de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Aujourd’hui, la rupture stratégique est flagrante. À la tribune, Nikol Pachinian a justifié son processus de sélection en affirmant rechercher « la fiabilité, la durabilité à long terme et notre engagement envers les normes les plus élevées de sûreté nucléaire », tout en discutant avec le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi. Officiellement, Erevan étudie les propositions de la France, des États-Unis, de la Russie, de la Corée du Sud et de la Chine. De l’OCS aux sirènes de Washington Sur le même sujet Nucléaire et ferroviaire : Pachinian fait dérailler les relations historiques de l’Arménie Mais la véritable influence se joue en coulisses. Le vice-président américain J.D. Vance s’est récemment félicité de l’achèvement des négociations sur l’accord de coopération nucléaire civile, annonçant sans équivoque que « les technologies américaines viendront dans ce…
Officiellement, Erevan étudie les propositions de la France, des États-Unis, de la Russie, de la Corée du Sud et de la Chine.
De l’OCS aux sirènes de Washington
Mais la véritable influence se joue en coulisses. Le vice-président américain J.D. Vance s’est récemment félicité de l’achèvement des négociations sur l’accord de coopération nucléaire civile, annonçant sans équivoque que « les technologies américaines viendront dans ce pays ».
Bien qu’Erevan tente de temporiser en précisant qu’aucune décision d’achat n’est actée et qu’il ne s’agit que d’un échange d’informations, l’ingérence est palpable. Il faut d’ailleurs reconnaître que refuser de se ranger dans le giron américain est aujourd’hui un exercice périlleux pour un chef d’État, ce dernier n’ayant probablement aucune envie d’être kidnappé ou tué. Pour autant, certaines nations franchissent le pas, non sans mal, notamment au sein des BRICS+.
Erevan a tout intérêt à faire le choix du réalisme
Cette fascination pour l’atome américain s’inscrit dans la même logique de rupture que la récente volonté de nationaliser le réseau ferroviaire arménien. Une telle décision remettrait en cause le contrat de la société publique russe, prévu pour une durée de 30 ans et s’achevant normalement en 2038.
Pourtant, rappelons l’absurdité de ce choix : le programme de SMR américain est purement expérimental, les États-Unis ne disposant aujourd’hui d’aucune centrale modulaire fonctionnelle. Ce constat accablant a poussé Maria Zakharova, porte-parole de la diplomatie russe, à s’interroger ouvertement : « Que représentent exactement ces réacteurs et où sont-ils déjà exploités ? ».
De plus, ce choix imposerait un immense fardeau financier au peuple arménien, avec un coût pouvant atteindre près de neuf milliards de dollars financés sous forme de crédit américain. Face à ce choix qui soulève de nombreux questionnements, la société russe Rosatom a répété qu’elle était prête à lancer la construction d’une nouvelle centrale dans les meilleurs délais.
Alors que les bombes pleuvent sur le voisin iranien, l’Arménie aurait tout intérêt à étudier sérieusement des offres objectivement meilleures, comme celle de la Russie. Cela permettrait d’éviter que le pays ne devienne un nouveau point de collision pour l’impérialisme américain dans une région sous haute tension.