Dominique Watrin a été sénateur (PCF) de 2011 à 2018. Il était en poste dans la ville de Mashhad (au Nord-Est de l’Iran) en 1978-1979, lors de la Révolution. Il y enseignait le français au titre de la coopération. Sur le même sujet Droits de douane : Avec ses annonces sur l’Iran, Trump s’attire les foudres de nombreux pays Déjà les quarantièmes jours suivant les décès des martyrs du Shah en 78 avaient été un ressort déterminant dans l’amplification du mouvement jusqu’à la chute du régime. La force de contestation qui structure nombre d’hommages aux martyrs lors des cérémonies de deuil en cours n’est pas plus à sous-estimer malgré la répression. Le cœur du peuple iranien reste imprégné de la mythologie du chiisme et du culte des martyrs qui renvoie au sacrifice d’Hussein, petit-fils de Mahomet, à la bataille de Karbala en Irak. Cependant le régime des mollahs a lui aussi tiré les leçons de son succès contre le Shah. Ce dernier, en décrétant l’état d’urgence et la loi martiale avait, de fait, livré la rue à l’armée quand celle-ci avait basculé du côté de la… Dominique Watrin a été sénateur (PCF) de 2011 à 2018. Il était en poste dans la ville de Mashhad (au Nord-Est de l’Iran) en 1978-1979, lors de la Révolution. Il y enseignait le français au titre de la coopération.
Déjà les quarantièmes jours suivant les décès des martyrs du Shah en 78 avaient été un ressort déterminant dans l’amplification du mouvement jusqu’à la chute du régime. La force de contestation qui structure nombre d’hommages aux martyrs lors des cérémonies de deuil en cours n’est pas plus à sous-estimer malgré la répression. Le cœur du peuple iranien reste imprégné de la mythologie du chiisme et du culte des martyrs qui renvoie au sacrifice d’Hussein, petit-fils de Mahomet, à la bataille de Karbala en Irak.
Cependant le régime des mollahs a lui aussi tiré les leçons de son succès contre le Shah. Ce dernier, en décrétant l’état d’urgence et la loi martiale avait, de fait, livré la rue à l’armée quand celle-ci avait basculé du côté de la révolution. Rappelons que cette dernière, à son apogée, réunit dans les villes des millions et des millions d’Iraniens rassemblés dans leur diversité. D’où, avec la prise du pouvoir par Khomeiny, la création du corps répressif spécifique des Pasdaran (qui contrôle aussi 30% à 40% de l’économie) puis des bassidji et le recours maintenant à des milices chiites irakiennes.
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Le régime du Shah ne faisait pas mieux : il faisait appel à des Afghans désœuvrés pour bastonner les étudiants de Mashad où j’enseignais. Il massacra entre 10 000 et 15 000 manifestants rien qu’en 1978. Mais à l’époque, nos dirigeants soutenaient la dictature et nos médias présentaient les manifestants comme des personnes « hystériques ».
Cependant, comme en 78/79, le mouvement insurrectionnel en cours peut compter, plus qu’à l’efficacité d’une intervention US, sur l’espoir de pouvoir un jour contrôler les 6 ou 7 plus grandes villes du pays. C’est cette stratégie qui permit aux « religieux » de s’accaparer la révolution, de prendre le pouvoir dans la rue et de faire chuter le Shah.
Le mouvement actuel en est encore loin, quantitativement et qualitativement : absence de coordination des forces à l’échelle nationale, non incarnation du mouvement dans une figure unificatrice.
Quant à l’appel à des bombardements US si présent dans les médias, Il est surtout le fait des nostalgiques et des privilégiés de la dictature des Palhavi.
Comme le dit la déclaration commune entre le parti Toudeh et le Parti communiste français, « la logique de domination internationale et de prédation de Trump n’ouvrira nullement le chemin à une alternative voulue par le peuple iranien. […] La nécessaire chute du régime actuel, le maintien de l’intégrité territoriale de l’Iran, le respect de sa souveraineté et de son peuple appellent à la large coopération et à la constitution d’un large front des patriotes. »
À ce stade du mouvement, le Parti Toudeh, qui reste une référence malgré la répression, met particulièrement l’accent sur la possibilité concrète pour les forces nationalistes, progressistes et démocratiques de s’unir sur un socle de revendications : refus de toute intervention et ingérence étrangères, libération de tous les prisonniers politiques et la séparation de la religion et de l’Etat.
Toute intervention militaire US et/ou israélienne ne ferait, bien-sûr, qu’enrayer ce processus.