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Géopolitique

« Epic Fury », la guerre d’usure qui menace Washington

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Mise à jour le 19 mars 2026
Temps de lecture : 4 minutes

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Armement Guerre États-Unis Iran

L’offensive américaine contre l’Iran, baptisée Epic Fury, marque une escalade majeure au Moyen-Orient. Présentée comme une opération destinée à neutraliser les capacités militaires de Téhéran, elle pourrait pourtant ouvrir une séquence beaucoup plus incertaine : celle d’une guerre d’attrition où l’endurance industrielle et la profondeur des stocks comptent autant que la supériorité technologique. Une logique déjà à l’œuvre dans la guerre en Ukraine.

Avec l’opération Epic Fury, Washington a lancé une campagne militaire d’une intensité rarement observée dans la région depuis l’invasion de l’Irak en 2003. Les premières frappes ont visé des bases militaires, des infrastructures radar et des sites liés aux programmes balistiques iraniens. L’objectif affiché est clair : réduire la capacité de frappe de Téhéran et restaurer la crédibilité de la dissuasion américaine dans le Golfe. À lire aussi Iran  : Israël et les États-Unis franchissent la ligne rouge La démonstration de force américaine Pour les États-Unis, l’enjeu dépasse la seule rivalité avec l’Iran. Le Moyen-Orient reste un carrefour énergétique stratégique et un espace où se croisent les intérêts de plusieurs grandes puissances. Dans un contexte de rivalité globale avec la Chine et la Russie, Washington entend démontrer sa capacité à imposer sa puissance militaire et à protéger ses alliés régionaux. Mais cette démonstration de force comporte un risque gigantesque d’escalade et d’enlisement. Car face à la supériorité militaire américaine, l’Iran semble privilégier une stratégie très différente. Le…Epic Fury, Washington a lancé une campagne militaire d’une intensité rarement observée dans la région depuis l’invasion de l’Irak en 2003. Les premières frappes ont visé des bases militaires, des infrastructures radar et des sites liés aux programmes balistiques iraniens. L’objectif affiché est clair : réduire la capacité de frappe de Téhéran et restaurer la crédibilité de la dissuasion américaine dans le Golfe.

La démonstration de force américaine

Pour les États-Unis, l’enjeu dépasse la seule rivalité avec l’Iran. Le Moyen-Orient reste un carrefour énergétique stratégique et un espace où se croisent les intérêts de plusieurs grandes puissances. Dans un contexte de rivalité globale avec la Chine et la Russie, Washington entend démontrer sa capacité à imposer sa puissance militaire et à protéger ses alliés régionaux.

Mais cette démonstration de force comporte un risque gigantesque d’escalade et d’enlisement. Car face à la supériorité militaire américaine, l’Iran semble privilégier une stratégie très différente.

Le pari iranien : transformer la guerre en épreuve d’endurance

Téhéran ne cherche pas nécessairement à rivaliser frontalement avec la puissance militaire américaine. Sa logique semble plutôt être celle de la saturation et de l’usure.

Les systèmes de défense occidentaux reposent sur des intercepteurs sophistiqués – Patriot, THAAD ou SM-3 – dont le coût se chiffre en millions de dollars. En face, une partie importante de l’arsenal iranien repose sur des drones et des missiles relativement peu coûteux, produits en grand nombre.

Dans ce type de confrontation, la question devient économique autant que militaire. Saturer les défenses adverses avec des vagues de drones ou de missiles peut forcer l’ennemi à consommer rapidement ses stocks d’intercepteurs. Certains analystes évoquent dans ce contexte le risque d’un scénario dit « Winchester », lorsque les systèmes de défense se retrouvent temporairement à court de munitions.

Cette logique n’est pas sans rappeler la guerre qui oppose la Russie et l’Ukraine depuis 2022. Ce conflit a rappelé que les guerres modernes peuvent redevenir des guerres d’attrition, où la capacité industrielle et la profondeur des arsenaux deviennent décisives.

Or les États-Unis et leurs alliés soutiennent déjà massivement l’Ukraine en lui fournissant missiles, systèmes de défense aérienne et munitions de précision. L’ouverture d’un nouveau front au Moyen-Orient pose donc une question : jusqu’où l’Occident peut-il soutenir plusieurs conflits de haute intensité à la fois ?

Le test de l’endurance stratégique

La guerre moderne ne se joue plus uniquement sur la sophistication des armements. Elle repose aussi et surtout sur la capacité à produire, stocker et remplacer ces armes à grande échelle. La guerre en Ukraine a déjà révélé les limites de certaines chaînes de production occidentales. Une confrontation prolongée avec l’Iran pourrait accentuer cette pression industrielle et logistique.

Derrière l’offensive spectaculaire d’Epic Fury, c’est la bataille de l’endurance stratégique qui se dessine. Dans une guerre d’usure, l’avantage ne revient pas toujours à celui qui possède les armes les plus sophistiquées, mais à celui qui peut tenir le plus longtemps.

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