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On fait le point

Avec Ormuz bloqué, la dépendance européenne au gaz mondial éclate au grand jour

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Mise à jour le 31 mars 2026
Temps de lecture : 5 minutes

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Russie États-Unis Union européenne Énergie Iran Détroit d’Ormuz

Depuis le blocage du détroit d’Ormuz le 1er mars dernier, 20% de la production mondiale de gaz naturel liquéfié (GNL) venant principalement du Qatar et marginalement des Émirats arabes unis, ne peut plus s’écouler. Dans la foulée, Qatar Energy a annoncé l’arrêt de sa production de GNL, laissant entrevoir une crise durable, compte tenu du fait que même en cas de reprise du trafic dans le détroit, plusieurs semaines seront nécessaires au redémarrage des installations.

La situation dépasse largement la seule question du transit maritime. Elle met en lumière les dépendances énergétiques construites ces dernières années, les équilibres fragiles du marché mondial du GNL et les choix stratégiques opérés par plusieurs régions du monde. Explications. Les pays asiatiques directement impactés À lire aussi On vous explique : Pourquoi la Slovaquie et la Hongrie s’opposent à Kiev sur l’énergie L’immense majorité du gaz naturel liquéfié produit au Qatar est livré à des pays asiatiques, en premier lieu desquels le Pakistan, l’Inde, la Chine ou le Bangladesh. Si la Chine dispose d’un approvisionnement diversifié et peut compter sur l’intensification de sa relation énergétique avec la Russie, le Pakistan dépend à près de 100% des importations de GNL en provenance du Qatar. Alors que la crise est partie pour durer, ces pays asiatiques vont devoir s’approvisionner ailleurs ou réduire leur consommation de gaz naturel. L’Europe exposée par la hausse des prix Depuis le début de la crise, le prix du gaz sur le marché européen a bondi de 90%. Bien que seulement moins de 10% du GNL importé dans…

Les pays asiatiques directement impactés

L’immense majorité du gaz naturel liquéfié produit au Qatar est livré à des pays asiatiques, en premier lieu desquels le Pakistan, l’Inde, la Chine ou le Bangladesh. Si la Chine dispose d’un approvisionnement diversifié et peut compter sur l’intensification de sa relation énergétique avec la Russie, le Pakistan dépend à près de 100% des importations de GNL en provenance du Qatar. Alors que la crise est partie pour durer, ces pays asiatiques vont devoir s’approvisionner ailleurs ou réduire leur consommation de gaz naturel.

L’Europe exposée par la hausse des prix

Depuis le début de la crise, le prix du gaz sur le marché européen a bondi de 90%. Bien que seulement moins de 10% du GNL importé dans l’Union européenne provienne du Qatar, le continent est, depuis 2022, largement dépendant du marché mondial du GNL pour ses approvisionnements en gaz.

Alors que la part du gaz russe est passée de plus de 40% à moins de 15% en trois ans, le GNL représente désormais plus de la moitié des approvisionnements de l’Union européenne et le GNL produit aux États-Unis se taille la part du lion. En résulte une double dépendance, la première à un marché globalisé extrêmement volatile et sensible aux aléas économiques et géopolitiques, la deuxième, à la production des États-Unis, dont rien ne dit qu’elle ne puisse pas être instrumentalisée par des autorités ayant démontré à maintes reprises qu’elles étaient prêtes à tout pour tordre le bras à leurs « alliés » européens.

L’arrêt du gaz russe : une fuite en avant idéologique sous forme de balle dans le pied

C’est dans ce contexte particulièrement tendu, avec une hausse conséquente des prix du gaz pour les ménages et les industries à attendre d’ici quelques semaines, que la Commission européenne a une nouvelle fois fait la démonstration de son incompétence et de son entêtement idéologique.

La directrice de l’énergie à la Commission, Mme Jorgensen, a ainsi déclaré quelques jours après le début de la guerre au Moyen-Orient : « Grâce à notre action décisive sous le plan Repower EU, l’Europe a maintenant un approvisionnement diversifié en gaz ». Rappelons-le, le plan Repower EU qui vise à imposer, à l’encontre des traités européens, la fin des importations de gaz russe dans l’Union européenne d’ici 2027 entraîne non pas une diversification mais une concentration des approvisionnements. Avec moins de 15% des approvisionnements en gaz naturel en provenance de Russie en 2025, il est erroné de dire que l’UE dépend de la Russie. La suppression de ces 15% se traduira par une hausse de la dépendance au GNL (dont les prix sont extrêmement volatiles) et en premier lieu au GNL des États-Unis. Une désormais non-dépendance est donc remplacée par deux nouvelles dépendances et cela s’appelle pour Bruxelles une « politique de diversification ».

La politique énergétique européenne teintée d’idéologie antirusse mène le continent entier dans une impasse. La Slovaquie et la Hongrie demandent la suspension des mesures restrictives contre le pétrole et le gaz russe dans le contexte actuel.

Alors que 20% de la production mondiale de GNL est indisponible, que la crise énergétique s’annonce durable, que l’industrie européenne est aux abois, comment justifier cette fuite en avant vers la fin forcée des importations de gaz russe ?

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