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Dave Primov/shutterstock
Afrique émergente

Madagascar sollicite les BRICS avec l’appui de l’Afrique du Sud

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Mise à jour le 31 janvier 2026
Temps de lecture : 4 minutes

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BRICS Afrique du Sud Coopérations Madagascar

Antananarivo a obtenu le soutien de Pretoria pour rejoindre les BRICS en tant que pays partenaire. Cette démarche confirme la volonté du groupe d’élargir son ancrage africain et reflète les recompositions géopolitiques liées à la multipolarité.

En visite de travail à Pretoria, le président malgache Michael Randrianirina a reçu l’appui formel de Cyril Ramaphosa pour que Madagascar intègre les BRICS avec le statut de partenaire.

Un appui diplomatique déterminant

Ce soutien sera défendu lors du prochain sommet du groupe en Inde, où les membres devront se prononcer collectivement. Pour Antananarivo, l’objectif est de s’insérer dans une architecture diplomatique émergente centrée sur la coopération Sud-Sud, moins contrainte que les dispositifs occidentaux classiques.

Le rôle de l’Afrique du Sud est central. Depuis son adhésion en 2011, Pretoria se présente comme pivot africain des BRICS. En soutenant Madagascar, elle renforce un cercle continental déjà structuré par des partenaires (Nigéria, Ouganda) et des membres à part entière (Afrique du Sud, Éthiopie, Égypte), tout en renforçant la visibilité géopolitique du continent.

BRICS, une grille de lecture multipolaire

Le statut de pays partenaire permet d’accéder aux réunions, projets et financements du groupe sans disposer du droit de vote. Cet entre-deux séduit des États cherchant à diversifier leurs alliances, accéder à des financements non conditionnels via la Nouvelle Banque de Développement (NDB) et s’inscrire dans des corridors géo-économiques moins dépendants du dollar. L’élargissement du groupe reflète une philosophie multipolaire assumée : fragmentation des pôles de puissance, rééquilibrage institutionnel et montée des économies émergentes.

Qu’est-ce qu’un « pays partenaire » des BRICS ?

C’est un statut intermédiaire donnant accès aux réunions, à certains financements via la NDB et à la coopération diplomatique et économique, sans droit de vote.

Les partenaires africains actuels sont le Nigéria et l’Ouganda et les membres africains sont l’Afrique du Sud et l’Égypte. De son côté, l’Algérie coopère par le biais de la NDB.

Madagascar voit dans cette offre une opportunité de repositionnement international. Situé sur un axe stratégique indo-océanique reliant Afrique orientale, Asie et routes maritimes mondiales, le pays cherche à s’extraire d’une position périphérique pour intégrer des circuits diplomatiques et économiques globaux. L’enjeu est aussi interne : mobiliser des investissements dans l’énergie, les infrastructures et les industries minières, secteurs scrutés par les émergents asiatiques.

L’Afrique, nouveau levier de la multipolarité

L’intérêt des BRICS pour l’Afrique repose sur trois facteurs. D’abord une logique de ressources : minerais critiques, boom démographique, contrôle maritime. Ensuite une logique diplomatique : le continent dispose de 54 voix à l’ONU, élément décisif dans les rapports de force multilatéraux. Enfin une logique narrative : la multipolarité offerte par les BRICS répond aux attentes des États qui veulent contourner les conditionnalités occidentales, qu’elles soient financières, sécuritaires ou normatives.

Ce mouvement intervient alors que l’Union africaine connaît un gain de poids institutionnel important. Son accession au statut de membre permanent du G20, et la tenue récente du sommet du G20 en Afrique du Sud, consacrent une affirmation diplomatique du continent dans les cercles décisionnels mondiaux. Cette reconnaissance renforce la cohérence d’un rapprochement africain avec les BRICS, offrant aux États un espace supplémentaire pour peser dans la gouvernance économique internationale.

Dans ce contexte, Madagascar apparaît comme un maillon additif. C’est un État insulaire stratégique, désireux d’élargir ses marges de manœuvre. L’appui sud-africain projette l’idée que l’Afrique n’est plus un simple terrain de compétition mais un acteur qui contribue désormais à structurer une nouvelle architecture internationale.

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