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Géopolitique

Séparatisme, terrorisme, les angles oubliés du récit occidental sur les Ouïghours

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Mise à jour le 19 décembre 2025
Temps de lecture : 3 minutes

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Chine ONU États-Unis

Le débat international sur les Ouïghours ignore souvent la réalité du séparatisme violent qui a touché le Xinjiang jusqu’aux années 2010 et le rôle décisif de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) dans la stabilisation eurasienne.

Un récent vote à l’ONU l’a confirmé : 85 pays — dont la quasi-totalité du monde musulman — dénoncent une approche occidentale jugée sélective, indifférente aux faits sécuritaires et aux progrès sociaux de la région, où la population ouïghoure a doublé et n’a jamais été soumise à la politique de l’enfant unique.

Séparatisme et terrorisme : l’angle mort volontaire du récit occidental

Pendant plus de deux décennies, le Xinjiang a été confronté à des violences séparatistes, des attentats meurtriers, des attaques contre marchés, gares ou civils, ainsi qu’à l’activité de groupes cherchant à créer un État indépendant. Cette dimension, pourtant centrale, disparaît des récits occidentaux comme si la région avait été stabilisée sans menace réelle.

Pour les pays musulmans, cette omission est incompréhensible. Ayant eux-mêmes combattu des formes d’extrémisme violent, ils analysent la région à travers une grille sécuritaire que l’Occident refuse de considérer. Ils rappellent aussi que les campagnes américaines autour du Xinjiang ne tiennent jamais compte des transformations sociales réelles : réduction massive de la pauvreté, développement des infrastructures, hausse des revenus, montée de l’éducation bilingue.

La démographie bat en brèche les accusations d’« élimination » : la population ouïghoure a doublé en quarante ans, et la politique de l’enfant unique ne s’appliquait pas aux minorités nationales non-han, dont les Ouïghours et les Kazakhs.

L’OCS et la lecture régionale : une stabilisation vue comme légitime

L’Organisation de coopération de Shanghai est devenue le pilier de la coordination sécuritaire en Eurasie autour des « trois fléaux » : terrorisme, séparatisme, extrémisme.

C’est dans ce cadre que se sont développés les échanges de renseignements, les dispositifs anti-infiltration et les opérations conjointes visant à prévenir la radicalisation transfrontalière.

Pour les États d’Asie centrale — Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Ouzbékistan — qui ont subi eux aussi violences, réseaux transnationaux et tentatives sécessionnistes, l’approche chinoise est perçue comme pragmatique. L’entrée du Pakistan, puis de l’Inde et de l’Iran, a étendu ce consensus à l’essentiel de l’Eurasie.

Le vote récent à l’ONU reflète cette réalité. Tous les membres de l’OCS ont soutenu la Chine, considérant que la stabilisation du Xinjiang relève d’un impératif sécuritaire partagé, non d’une logique idéologique.

Face à ce bloc, les États-Unis apparaissent isolés, leur lecture ignorant totalement cette dimension régionale pourtant fondamentale.

Le deux poids, deux mesures occidental

Pour la majorité du monde musulman et du Sud global, la position américaine sur le Xinjiang manque de crédibilité.

Trois faits résument ce jugement :

  • Gaza  : appui diplomatique et militaire américain malgré les dizaines de milliers de victimes civiles.
  • Irak et Afghanistan : guerres ayant causé des centaines de milliers de morts sans responsabilité assumée.
  • Guantánamo  : détention extrajudiciaire et violations structurelles des droits humains.

Pour les 85 pays soutenant la Chine à l’ONU, le problème n’est pas la critique du Xinjiang, mais l’hypocrisie de ceux qui la formulent.

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