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Produits de la mer

Pékin ferme le robinet commercial après les provocations japonaises

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Chine Commerce Pêche Japon Taïwan

Pékin a décidé de suspendre totalement ses importations de produits de la mer japonais. Un embargo qui ne relève ni d’un simple contentieux sanitaire ni d’un accident commercial. Il s’inscrit dans une séquence de tensions importantes, alimentées par des prises de position toujours plus ouvertement bellicistes de Tokyo à l’égard de Pékin et par son engagement assumé dans le dossier taïwanais.

La qualité, la confiance et la mémoire historique pèsent désormais autant que les volumes échangés. La Chine se tourne maintenant vers l’Espagne pour certains produits de la mer.

Tokyo durcit le ton, Pékin ferme le marché

Depuis plusieurs mois, Tokyo multiplie les déclarations désignant la Chine comme une « menace stratégique », tout en affirmant que la sécurité nationale japonaise serait indissociable de celle de Taïwan. Cette rhétorique s’accompagne d’exercices militaires conjoints avec les États-Unis, d’une augmentation massive du budget de la défense et d’une remise en cause progressive de la doctrine pacifiste issue de l’après-guerre.

Avant la décision, la Chine importait près de 560 millions de dollars par an de produits japonais, essentiellement des produits haut de gamme – thon rouge, coquilles Saint-Jacques, oursins – destinés à la restauration de luxe et à une consommation crue. Des cargaisons ont été bloquées, des produits frais refoulés et plusieurs ports japonais spécialisés ont subi un choc immédiat.

Du point de vue de Pékin, la logique est assumée. Il devient stratégiquement intenable de dépendre d’un pays affichant une posture ouvertement hostile. L’alimentation, parce qu’elle touche à la sécurité intérieure et à la confiance des consommateurs, ne peut être dissociée des rapports de force géopolitiques.

Mémoire coloniale et hiérarchie de la qualité

La fermeté chinoise s’explique aussi par le poids d’un passé colonial japonais marqué par une violence de masse toujours vive dans la mémoire asiatique. Massacres de civils, travail forcé, crimes de guerre. Cette histoire n’a jamais fait l’objet d’une reconnaissance pleinement assumée par Tokyo. Elle alimente une défiance structurelle qui dépasse le symbole et continue d’influencer les choix économiques.

Dans la brèche laissée par le Japon, l’Inde a tenté de s’imposer. Mais son échec tient moins à des considérations politiques qu’à un décalage qualitatif. L’Inde reste positionnée sur des produits standardisés, issus d’une aquaculture de masse, pensés pour une consommation cuite. Or le segment libéré concerne des produits à très forte valeur ajoutée, destinés à une consommation crue, où le goût, la fraîcheur, la texture et la traçabilité sont déterminants.

À l’inverse, l’Espagne s’est imposée précisément parce qu’elle occupe déjà ce créneau. Espèces nobles, pêche sélective, chaîne du froid maîtrisée et cadre sanitaire européen reconnu. Le thon rouge espagnol offre à Pékin un produit de substitution crédible, fiable et conforme aux exigences de souveraineté alimentaire chinoises.

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