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Commerce

La Malaisie annule un accord commercial avec les États-Unis

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Mise à jour le 27 mars 2026
Temps de lecture : 5 minutes

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Commerce États-Unis Guerre commerciale ASEAN Malaisie

La Malaisie est devenue ce 15 mars le premier pays à annuler officiellement son accord commercial bilatéral avec les États-Unis, déclarant le pacte « nul et non avenu » à la suite de la décision de la Cour suprême américaine. Cette rupture illustre le glissement stratégique de Kuala Lumpur, s’éloignant de sa traditionnelle réserve. La Malaisie s’affirme.

Longtemps caractérisée par sa diplomatie reposant sur le principe de non-alignement et de couverture stratégique, la Malaisie opère aujourd’hui un tournant. Devenue officiellement pays partenaire des BRICS le 1er janvier 2025, Kuala Lumpur se positionne désormais comme un acteur central et engagé du Sud global. Cap vers l’Est pour Kuala Lumpur Sur le même sujet Géopolitique économique : La Malaisie aux portes des BRICS Ce leadership assumé s’illustre tout particulièrement par l’activisme de ce pays à majorité musulmane sur la question palestinienne. Kuala Lumpur affiche un soutien indéfectible à la Palestine. Il y a quelques mois, le pays a plaidé activement, notamment aux côtés de la France, pour une solution à deux États. Profitant de sa présidence de l’ASEAN en 2025, la Malaisie a d’ailleurs fait d’un engagement plus profond entre l’organisation sud-est asiatique et les BRICS une véritable priorité diplomatique. Sous l’impulsion du Premier ministre Anwar Ibrahim, ce dialogue entre les deux organisations dessine les contours d’une mondialisation…

Cap vers l’Est pour Kuala Lumpur

Ce leadership assumé s’illustre tout particulièrement par l’activisme de ce pays à majorité musulmane sur la question palestinienne. Kuala Lumpur affiche un soutien indéfectible à la Palestine. Il y a quelques mois, le pays a plaidé activement, notamment aux côtés de la France, pour une solution à deux États.

Profitant de sa présidence de l’ASEAN en 2025, la Malaisie a d’ailleurs fait d’un engagement plus profond entre l’organisation sud-est asiatique et les BRICS une véritable priorité diplomatique. Sous l’impulsion du Premier ministre Anwar Ibrahim, ce dialogue entre les deux organisations dessine les contours d’une mondialisation rééquilibrée, développant progressivement les échanges en monnaies locales au détriment du dollar.

Ce basculement géopolitique s’accompagne d’une « renaissance » des relations bilatérales avec la Chine, qui demeure le premier partenaire commercial du pays depuis 16 ans. Cette dynamique a été particulièrement visible dans le changement de discours de Kuala Lumpur concernant Taïwan. Lors de la visite du Premier ministre chinois Li Qiang en juin 2024, la diplomatie malaisienne a ouvertement reconnu l’île comme un « territoire inaliénable » de la République populaire de Chine.

La rupture de l’accord commercial avec Washington

C’est dans ce contexte que la Malaisie a choisi de tenir tête à Washington. Le ministre malaisien de l’Investissement, du Commerce et de l’Industrie, Johari Abdul Ghani, a déclaré que l’Accord sur le commerce réciproque (ART) conclu avec les États-Unis le 26 octobre 2025 n’était plus valide. L’effondrement de ce pacte découle directement de la décision de la Cour suprême des États-Unis de casser les mesures douanières réciproques utilisées par Donald Trump, au motif d’un dépassement de ses pouvoirs.

En réaction à cette décision, le président américain a mis en place un droit de douane uniforme de 10 % appliqué à tous les pays, annulant de fait les conditions préférentielles durement négociées. Dès lors, l’ART a perdu tout son intérêt économique pour la Malaisie. Cet accord lui permettait initialement de voir ses exportations, autrefois taxées jusqu’à 47 %, ramenées à des droits de 19 %, avec des privilèges d’exonération pour 1 711 produits. La ligne politique de Kuala Lumpur s’est imposée d’elle-même : pourquoi maintenir des concessions politiquement coûteuses si l’avantage préférentiel disparaît et si la pression commerciale persiste ?

L’enjeu est colossal pour le pays, dont les exportations vers les États-Unis pesaient environ 233 milliards de ringgits (environ 58 milliards de dollars) en 2025 et concernent des secteurs vulnérables comme l’électronique, l’huile de palme et le caoutchouc. Le coup d’éclat malaisien pourrait inciter d’autres signataires (comme le Japon, le Vietnam ou l’Indonésie), également soumis au nouveau tarif de 10 % malgré leurs accords, à se retirer de ces mécanismes.

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