Liberté Actus
qrcode:https://liberteactus.c-real.org/1940

Cet article est lisible à cette adresse sur le site Liberté Actus :

https://https://liberteactus.c-real.org/1940

Flachez le qrcode suivant pour retrouver l'article en ligne

Rubanitor/shutterstock
Taïwan

La Chine réagit vivement à la provocation japonaise

Accès abonné
Mise à jour le 28 novembre 2025
Temps de lecture : 3 minutes

Mots -clé

Chine Japon Taïwan

La nouvelle Première ministre japonaise a déclenché un scandale international en envisageant publiquement une intervention militaire à Taïwan, que le Japon avait colonisé pendant la première moitié du 20e siècle. Cette provocation intervient quelques semaines après la commémoration du 80e anniversaire de la fin de l’agression japonaise et de la restauration de Taïwan.

La déclaration de Sanae Takaichi, qui provient de l’aile militariste de la politique japonaise, s’explique tout à la fois par la fragilité de son gouvernement (le PLD n’a plus de majorité), son intérêt personnel à consolider sa position en maniant un certain populisme, et sa récente reddition face à Donald Trump, qui a imposé un accord nettement défavorable à un Japon en grande difficulté économique.

En effet, les problèmes s’accumulent pour le Japon : chute du yen, baisse du pouvoir d’achat, aggravation de la dette publique (240 % du PIB), pénuries de main-d’œuvre, baisse des exportations, croissance quasi nulle, énormes engagements financiers au profit des États-Unis d’Amérique… Ajoutez à cela le vieillissement de la population, ce n’est pas vraiment un contexte propice pour montrer les muscles et proférer des menaces militaristes.

Malgré tout, la Première ministre recherche un gain politique intérieur en provoquant la Chine de la sorte, ce qui est une vue assez court-termiste.

Le poids de l’histoire

Pourtant, le Japon a pris de nombreux engagements, après la défaite du fascisme, qui lui interdisent cette position sur Taïwan.

La position officielle du Japon

  • L’article 9 de la Constitution japonaise consacre le renoncement « à jamais » à la guerre, à la menace et à l’usage de la force dans les conflits internationaux, au maintien d’un potentiel militaire.
  • La Déclaration de Potsdam de 1945, dans son article 8, stipule que le Japon doit rendre tous les territoires qu’il a occupés de manière illégale, comme c’est le cas de Taïwan.
  • Dans la déclaration conjointe sino-japonaise de 1972, le gouvernement japonais « reconnaît le gouvernement de la République populaire de Chine comme le seul gouvernement légal de la Chine » et rappelle le respect de la Déclaration de Potsdam.
  • Ces engagements ont été réitérés en 1978, 1998, et 2008 dans plusieurs déclarations et traités communs.

Beijing a protesté ces derniers jours contre la provocation japonaise, en demandant aux millions de touristes chinois au Japon d’annuler leurs visites sur l’archipel. La Bourse de Tokyo a immédiatement réagi en faisant plonger le secteur du tourisme. Reste à voir si les tensions sino-japonaises ne vont pas entraîner des conséquences sur l’industrie automobile japonaise déjà fragilisée.

Le gouvernement japonais prend des risques considérables à suivre Washington dans son affrontement avec la Chine. L’histoire enseigne pourtant le sort peu enviable des gouvernements qui, du Vietnam du Sud à l’Ukraine, mènent les guerres de procuration de l’impérialisme américain.

Message d'abonnement

Ces articles peuvent vous intéresser :

Soutenez-nous

Faire un don

En 2024, nous avons bâti un journal unique où les analyses se mêlent à l’actualité, où le récit se mêle au reportage, où la culture se mêle aux questions industrielles et internationales. Faites un don pour continuer l’aventure.