La sécurité sociale en République Populaire de Chine a toujours été fondée sur la dualité entre résidents urbains et ruraux. C’était particulièrement le cas à l’époque maoïste. Il y avait d’un côté les résidents urbains dont l’entreprise d’État leur assurait un travail à vie ainsi qu’une protection sociale et de l’autre, les ruraux, qui reposaient davantage sur la solidarité locale et familiale dans les communes populaires. Ce système était fondé sur le Hukou, un document administratif déterminant le statut urbain ou rural des individus. À lire aussi En Chine : À la découverte de Chongqing, « plus grande ville du monde » Le Hukou existe toujours mais son influence effective se réduit sans cesse et la migration vers la plupart des villes est libre. Pour répondre à cette mobilité, le gouvernement a, en 2025, officiellement supprimé les restrictions liées au Hukou en matière d’affiliation à l’assurance sociale sur le lieu de travail. Dorénavant, les travailleurs migrants, les travailleurs des plateformes et les indépendants peuvent s’affilier au système d’assurance sociale là où…
Le Hukou existe toujours mais son influence effective se réduit sans cesse et la migration vers la plupart des villes est libre. Pour répondre à cette mobilité, le gouvernement a, en 2025, officiellement supprimé les restrictions liées au Hukou en matière d’affiliation à l’assurance sociale sur le lieu de travail.
Dorénavant, les travailleurs migrants, les travailleurs des plateformes et les indépendants peuvent s’affilier au système d’assurance sociale là où ils travaillent, avec les mêmes droits que les résidents locaux. Cette réforme devrait augmenter le nombre de travailleurs couverts par la protection sociale liée à l’emploi, plus complète et plus protectrice que celle liée à la résidence.
« Construire une société favorable à la natalité »
Pour lutter contre la baisse de la natalité, la sécurité sociale est l’un des leviers utilisés par les autorités. Depuis l’année dernière, l’État et les provinces prennent en charge l’intégralité des frais médicaux tout au long de la grossesse, y compris la fécondation in vitro. Un programme national de subventions à la garde d’enfants a été lancé. Il offre aux familles une allocation forfaitaire de 3 600 yuans (environ 450 euros) par an et par enfant de moins de trois ans.
Le 15e plan quinquennal dévoilé très récemment va plus loin en voulant améliorer le suivi médical des grossesses et en activant de nombreux dispositifs pour réduire le coût d’un enfant pour les familles. Cela se traduit notamment par une augmentation de l’offre de places en crèche publique, par une orientation de la politique du logement en faveur des familles nombreuses et l’encouragement de la scolarisation pour les enfants dès la maternelle. Les propositions de l’Assemblée nationale populaire sur les mesures précises et concrètes à prendre ont été nombreuses. Il a notamment été évoqué l’allongement du congé paternité et son obligation afin d’alléger la charge qui pèse sur les mères.
S’adapter au vieillissement
Pékin prête également une grande attention aux personnes âgées et plus largement à la dépendance. Le plan prévoit par exemple la rénovation de 2 000 Ehpad mais aussi une amélioration de la prise en charge des personnes âgées en milieu communautaire (développer le maintien à domicile). L’amélioration du système de santé, notamment par l’augmentation du nombre de médecins à 3,7 pour 1 000 habitants, donne les moyens aux autorités d’accomplir leur objectif d’espérance de vie de 80 ans dans les cinq prochaines années. Cela placerait définitivement le pays devant les États-Unis dans le classement international. Pour rappel, en 1949 à l’arrivée au pouvoir des communistes, l’espérance de vie était autour de 35 ans.
Concernant les retraites, le plan prévoit la revalorisation des pensions les plus précaires : les pensions de base affiliées à la résidence. Ce système de retraite est moins protecteur que celui pour les salariés d’entreprises et que celui pour les employés des administrations et des institutions publiques. Le montant mensuel de la pension est relatif aux cotisations versées et au salaire moyen mensuel de la région où le bénéficiaire réside. La revalorisation progressive, prioritairement dirigée vers les pensions les plus basses, sera un gain de pouvoir d’achat et de qualité de vie certain.
Un autre objectif est de faire rentrer de plus en plus de travailleurs dans les régimes de retraite d’entreprise, là où les travailleurs et l’employeur cotisent. Cela limitera la dépendance aux pensions de base liées à la résidence financées largement par des fonds publics.
Le sujet des retraites individuelles
On peut aussi lire dans le plan la volonté de maintenir les assurances retraite individuelles et privées en parallèle des régimes publics et des régimes d’entreprise. Ce dispositif fait l’objet de critiques dans les débats internes car les avantages fiscaux associés aux retraites individuelles (qui deviennent donc des produits marchands) bénéficient aux ménages les plus aisés.