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Contre le génocide à Gaza

L’Espagne, l’Irlande, les Pays-Bas et la Slovénie se retirent de l’Eurovision

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Mise à jour le 6 février 2026
Temps de lecture : 3 minutes

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Israël Espagne Pays-Bas Irlande Slovénie

En maintenant la participation d’Israël au concours 2026 malgré les accusations de génocide à Gaza, l’Union européenne de Radio-Télévision (UER) déclenche une nouvelle crise. L’Espagne, l’Irlande, les Pays-Bas et la Slovénie se retirent, dénonçant un « deux poids deux mesures » intenable face à l’exclusion de la Russie en 2022. Le slogan « Unis par la musique » se fissure brutalement.

Réunie les 4 et 5 décembre à Genève, l’UER savait qu’elle marchait sur un fil. En confirmant qu’Israël participerait bien à l’Eurovision 2026 à Vienne, elle a rouvert des plaies béantes. L’exclusion de la Russie en 2022, justifiée par le « discrédit » qu’aurait provoqué sa présence après l’invasion de l’Ukraine, sert aujourd’hui de référence incontournable. Alors que le bilan humain à Gaza dépasse les 70 000 morts selon les autorités locales, les pays boycottants jugent incompréhensible l’absence d’une mesure équivalente.

Le ministre espagnol de la Culture, Ernest Urtasun, l’a dit sans détour : « Vous ne pouvez pas blanchir Israël étant donné le génocide à Gaza. » Pour l’UER, l’argument ne tient pas : l’Eurovision oppose des diffuseurs publics, pas des gouvernements, et KAN, le diffuseur israélien, respecte encore les critères techniques. Une ligne de défense qui ne convainc plus personne. La Slovénie fustige une justification « déconnectée de toute réalité morale », affirmant qu’une participation contredirait ses « valeurs de paix, d’égalité et de respect ».

Boycott moral et accusations d’instrumentalisation

Les raisons avancées par les pays quittant le concours mêlent éthique, politique et intégrité institutionnelle. L’Irlande juge sa présence « impossible face à l’effroyable perte de vies à Gaza ». Les Pays-Bas évoquent une incompatibilité totale entre la participation israélienne et « les valeurs du service public », ajoutant une critique sur la « violation grave de la liberté de la presse » durant la guerre.

L’Espagne, elle, vise directement l’UER : mauvaise gouvernance, refus d’un vote secret réclamé par Madrid, pressions politiques tacites. Pour RTVE, Israël instrumentalise le concours et l’UER laisse faire, transformant la scène musicale en plateforme diplomatique. Le retrait espagnol, lourd financièrement car venant d’un membre des « Big Five », fragilise encore davantage une édition déjà instable, à la veille du 70ᵉ anniversaire du concours.

La crise s’élargit. L’Islande doit encore trancher et plusieurs diffuseurs envisagent une sortie coordonnée. L’édition de Vienne pourrait devenir la plus politisée de l’histoire de l’Eurovision, confirmant qu’il n’est plus possible de séparer spectacle, guerre et responsabilités morales.

Le poids du boycott

L’Espagne : membre des « Big Five », essentielle au financement du concours.

L’Irlande : sept victoires, pilier historique du palmarès.

Les Pays-Bas : présents depuis la première édition de 1956.

La Slovénie : position morale qui rappelle le précédent jordanien de 1978.

Ces retraits affaiblissent la crédibilité politique, l’équilibre financier et l’universalité symbolique d’un concours présenté depuis 1956 comme un terrain neutre.

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