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La Moncloa - CC BY-NC-ND 4.0
G20

Face au boycott des États-Unis, le Sud global s’affirme

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Mise à jour le 5 décembre 2025
Temps de lecture : 5 minutes

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BRICS États-Unis Afrique du Sud G20

C’était le tout premier sommet du Groupe des Vingt (G20) à se tenir sur le sol africain, à Johannesburg. Un tournant qui illustre le rééquilibrage de la gouvernance économique mondiale.

Ce rassemblement, sous la présidence de l’Afrique du Sud, réunit des représentants de 42 pays et de nombreuses organisations autour du thème « Solidarité, Égalité, Durabilité ». L’impact des BRICS+ s’avère conséquent, non seulement dans l’établissement de l’agenda mais aussi dans la capacité du groupe à forger un consensus en dépit de l’opposition matérialisée par le boycott des États-Unis.

Le multilatéralisme se forge par l’absence des États-Unis

Une démonstration flagrante de cette nouvelle dynamique fut l’adoption d’une déclaration commune des dirigeants dès l’ouverture du sommet, une dérogation inhabituelle à la tradition du G20. Cette déclaration a été approuvée par une large majorité des membres sans la participation ni la signature des États-Unis, qui ont choisi de boycotter la réunion. Washington avait pourtant critiqué en amont l’idée même qu’une déclaration puisse être adoptée sans sa participation.

L’absence des États-Unis, ordonnée par le président Donald Trump, citait des allégations largement démenties selon lesquelles le gouvernement sud-africain persécutait sa minorité blanche. L’administration Trump avait également critiqué l’agenda sud-africain du G20 comme étant trop axé sur le changement climatique et les inégalités. L’Afrique du Sud a même rejeté une proposition américaine d’envoyer un fonctionnaire subalterne de l’ambassade pour recevoir la présidence tournante du G20, qualifiant un tel arrangement de violation du protocole. Seule l’Argentine de Javier Milei a également refusé d’approuver la déclaration.

Nous vous en parlions : Donald Trump falsifie et piétine l’histoire sud-africaine

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa, hôte de l’événement, a énoncé que la déclaration reflétait un « engagement renouvelé envers la coopération multilatérale » et démontrait que les « objectifs communs » l’emportaient sur les différences. Emmanuel Macron a toutefois joué le rôle de SAV pour le compte des États-Unis. Il a averti que le G20 était « en danger » et risquait d’« atteindre la fin d’un cycle » en raison de l’absence américaine.

Pour rappel, l’influence des BRICS est économiquement et démographiquement considérable : ces pays représentent désormais 44 % du PIB mondial et 56 % de la population mondiale. En comparaison, la part du G7 dans le PIB mondial a chuté à 28,4 %, bien loin des près de 50 % des années 1980. Le chef adjoint de cabinet russe, Maxim Oreshkin, a d’ailleurs souligné que la tendance observée est celle des pays du Sud global qui dominent de plus en plus la structure de la croissance économique mondiale.

Un agenda à l’image des puissances émergentes

L’agenda de l’Afrique du Sud, fortement aligné sur les priorités du monde en développement, a trouvé un écho puissant chez ses partenaires des BRICS+. La déclaration finale en 122 points a mis l’accent sur l’action climatique et l’allègement de la dette pour les pays en développement. Elle a exigé que le financement climatique passe « de milliards à des billions à l’échelle mondiale » et a pressé en faveur de réformes des systèmes financiers internationaux pour aider les nations à faible revenu à gérer le fardeau de la dette qui entrave leur développement.

L’Afrique du Sud a également utilisé sa présidence pour faire progresser des priorités africaines telles que la viabilité de la dette et garantir que les ressources en minéraux critiques bénéficient aux pays producteurs. Ramaphosa a déclaré que le G20 s’est engagé à apporter son soutien aux pays à revenu faible et intermédiaire face aux vulnérabilités liées à la dette.

Les dirigeants du G20, y compris les membres des BRICS, ont appelé à une réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), dans un contexte de protectionnisme croissant et d’incertitude commerciale. La déclaration du G20 comprenait des engagements à lutter contre les « mesures commerciales unilatérales incompatibles » avec les règles de l’OMC.

Ce sommet, en mettant en lumière l’influence croissante des BRICS+ et leur capacité à faire avancer l’agenda du Sud global malgré la rupture diplomatique majeure causée par l’administration Trump, signale un rééquilibrage irréversible du pouvoir au sein du G20, où les économies émergentes affirment une plus grande influence sur la gouvernance mondiale.

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