Dans son article publié sur sa plateforme Substack le 7 octobre, Seymour Hersh affirme que le président américain aurait manifesté, lors d’un discours de 71 minutes devant les généraux et amiraux du Corps des Marines à Quantico, des signes de confusion inhabituelle.
Le récit d’un discours troublant
Selon les témoins cités, Trump aurait perdu le fil de son propos à plusieurs reprises, revenant sans cesse sur ses « plus grandes réussites » au lieu d’aborder les thèmes de sécurité et de politique étrangère initialement prévus.
Hersh parle d’une « désorganisation mentale » perceptible et d’une incapacité à suivre la logique de son propre discours, marquant un contraste saisissant avec le Trump dominateur des tribunes qu’ont connues ses partisans.
Le journaliste évoque une perte de repères et une difficulté à évaluer son auditoire : « Le président, qui savait autrefois cerner l’humeur de son public, n’est plus capable de lire la parole », écrit Hersh.
Les proches du président, note-t-il encore, auraient remarqué des troubles de concentration croissants, aggravés par un emploi du temps épuisant et une tendance à se répéter sur les mêmes sujets, souvent à contretemps des dossiers du jour.
Démentis et guerre d’image
La Maison-Blanche a immédiatement rejeté ces accusations, dénonçant une nouvelle attaque « sans fondement » visant à fragiliser le président à quelques mois des élections de mi-mandat.
Dans un communiqué lapidaire, un porte-parole a assuré que Trump « maîtrise parfaitement son processus de travail » et fait preuve d’une « énergie remarquable ».
Le président lui-même, connu pour répondre frontalement, a ironisé en déclarant : « J’ai réussi tous les tests cognitifs qu’on m’a fait passer. Je suis peut-être le seul président capable de le prouver noir sur blanc. »
Cette réplique rappelle l’épisode de 2020, lorsque Trump s’était vanté d’avoir « brillé » à un test neuropsychologique censé distinguer les troubles de mémoire légers — une manière de se comparer avantageusement à Joe Biden, alors accusé d’« affaiblissement mental » par ses opposants.
Mais cette fois, la source du soupçon n’est pas un média partisan. Elle vient d’un journaliste dont la réputation repose sur la vérification minutieuse et l’indépendance vis-à-vis du pouvoir, qu’il soit démocrate ou républicain.
Seymour Hersh, la légende du contre-pouvoir américain
Lauréat du prix Pulitzer en 1970 pour ses révélations sur le massacre de My Lai au Vietnam, Hersh a bâti sa carrière sur la dénonciation des abus du pouvoir militaire et politique américain. De la CIA à Abou Ghraib, il s’est imposé comme un chroniqueur acerbe du « complexe militaro-industriel » américain.
Sa présence aujourd’hui sur Substack traduit une évolution importante du journalisme. Les grandes enquêtes d’intérêt public passent désormais aussi par les plateformes indépendantes, loin des rédactions traditionnelles.