Arrivés blessés sur le sol états-unien, Nicolás Maduro et Cilia Flores – également députée – sont incarcérés dans une prison connue pour la dureté de ses conditions de détention. Hommes et femmes y étant séparés, ils ne sont pas réunis. Ils seraient détenus seuls, sans accès à internet ni à la presse. À lire aussi : C’est quoi un narco-État au juste ? Le fils de Nicolás Maduro a pu s’entretenir à plusieurs reprises avec son père. Il a assuré que ses parents « allaient bien » et restaient déterminés. Il a également transmis leur soutien au gouvernement vénézuélien et à la présidente par intérim Delcy Rodríguez. Un procès politique Officiellement, le couple est accusé de participation à un trafic de cocaïne, notamment via le « cartel de los soles ». Présentés devant la justice fédérale à New York le 5 janvier, ils ont plaidé non coupable. Nicolás Maduro a rappelé être « le président vénézuélien et actuellement prisonnier de guerre ». Comme déjà développé dans Liberté Actus, le Venezuela joue un rôle marginal dans le trafic de cocaïne. Les accusations visant le couple présidentiel ne servent qu’à justifier…
À lire aussi : C’est quoi un narco-État au juste ?
Le fils de Nicolás Maduro a pu s’entretenir à plusieurs reprises avec son père. Il a assuré que ses parents « allaient bien » et restaient déterminés. Il a également transmis leur soutien au gouvernement vénézuélien et à la présidente par intérim Delcy Rodríguez.
Un procès politique
Officiellement, le couple est accusé de participation à un trafic de cocaïne, notamment via le « cartel de los soles ». Présentés devant la justice fédérale à New York le 5 janvier, ils ont plaidé non coupable. Nicolás Maduro a rappelé être « le président vénézuélien et actuellement prisonnier de guerre ».
Comme déjà développé dans Liberté Actus, le Venezuela joue un rôle marginal dans le trafic de cocaïne. Les accusations visant le couple présidentiel ne servent qu’à justifier l’intervention militaire et une tentative de changement de régime. Le « cartel de los soles » lui-même n’a jamais été établi comme une structure réelle.
Une nouvelle audience s’est tenue le 26 mars, essentiellement consacrée à des questions procédurales. La justice états-unienne refuse notamment que l’État vénézuélien finance la défense, au motif que le pays figure sur sa liste de sanctions.
Dès lors, quel est le sens réel de ce procès ? Il est double : légitimer l’agression contre le Venezuela et envoyer un signal d’intimidation à tous ceux qui s’opposent à l’impérialisme.
Une violation du droit international
Le contraste est frappant entre le traitement médiatique occidental et la réalité juridique. Nicolás Maduro reste, en droit, le président constitutionnel du Venezuela. Il a été capturé par les forces armées d’un État tiers, au mépris du droit international.
L’intervention militaire, les morts qu’elle a causés, l’enlèvement du chef d’État et sa détention constituent des violations graves. Le principe d’immunité des chefs d’État en exercice est lui aussi ignoré.
Une justice instrumentalisée
Du point de vue du droit, rien ne tient dans ce « procès ». Au-delà même des accusations, l’ensemble de la séquence – intervention militaire, enlèvement, détention et comparution devant une juridiction étrangère – contrevient aux normes juridiques internationales.
Ce précédent devrait alerter largement. Pourtant, une partie de la presse française reprend sans distance le récit officiel états-unien. Dans un article du 29 mars, BFM International évoque ainsi une « opération nocturne » là où il s’agit d’une attaque militaire et parle d’« arrestation » pour qualifier un enlèvement. Nicolás Maduro y est même présenté comme un « président déchu ». Déchu par qui et selon quel processus ? La question reste sans réponse.
Au Venezuela, il est reconnu comme président constitutionnel. Delcy Rodríguez assure l’intérim conformément à la Constitution. Les institutions vénézuéliennes réclament sa libération, tout comme la population mobilisée, dans un silence quasi total des médias occidentaux.
Le 28 mars, un message officiel attribué au président et à la première dame remerciait d’ailleurs le peuple vénézuélien pour son soutien, saluant « sa capacité à rester uni dans les moments difficiles ».
Normaliser l’inacceptable
La couverture médiatique dominante présente ce procès comme une procédure judiciaire ordinaire. Le discours états-unien est repris sans distance, tandis que les propos de Nicolás Maduro sont traités comme suspects ou excessifs. Pourtant, lorsqu’il se définit comme « président en exercice », « kidnappé » et « prisonnier de guerre », que dit-il de faux ?
Les mots ont un sens. Leur usage contribue ici à normaliser une situation qui ne l’est pas. En reprenant ce cadrage, la justice états-unienne et une partie de la presse occidentale participent à masquer l’illégalité de l’ensemble et, de fait, à cautionner une politique impérialiste.
Un message politique
Enfin, ce « procès » relève aussi d’une logique de démonstration. L’exposition du président vénézuélien en tenue de détenu dès le lendemain de son enlèvement s’apparente à une mise en scène.
L’objectif est clairement d’humilier un dirigeant et, au-delà, tous ceux qui contestent l’ordre impérial. La diffusion massive de ces images, parfois manipulées, notamment par des réseaux d’extrême droite états-uniens, en montre la portée symbolique.
Le « procès » de Nicolás Maduro se rapproche moins d’une procédure judiciaire que d’une mise en scène de puissance. C’est, pour Washington, l’exhibition d’un trophée — comme lorsque Vercingétorix fut exhibé à Rome par César.