De nombreux pays ont apporté publiquement leur soutien à Cuba et plusieurs ont décidé d’initier des aides humanitaires concrètes. C’est le cas, par exemple, du Mexique, qui a envoyé le 12 février deux navires chargés de plus de 800 tonnes de vivres et de biens de première nécessité. L’Espagne et le Chili ont également annoncé des aides matérielles via des organismes de l’ONU. Sur le même sujet Cuba : Quand le blocus s’attaque aux malades et aux enfants Des soutiens étatiques affirmés La Russie apporte un appui politique clair. Vladimir Poutine a reçu à Moscou, dès le 18 février, le ministre cubain des Affaires étrangères Bruno Rodríguez. Si un soutien, y compris potentiellement pétrolier, a été évoqué, les contours restent flous et aucune information officielle sur des envois de pétrole ou d’aide humanitaire russes n’a été confirmée à ce jour. Côté chinois, lors d’une conférence de presse du 11 février 2026, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lin Jian, a déclaré : « Nous nous opposons fermement aux actions inhumaines qui privent le peuple cubain de son droit à la subsistance et…
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Cuba :
Quand le blocus s’attaque aux malades et aux enfants
Des soutiens étatiques affirmés
La Russie apporte un appui politique clair. Vladimir Poutine a reçu à Moscou, dès le 18 février, le ministre cubain des Affaires étrangères Bruno Rodríguez. Si un soutien, y compris potentiellement pétrolier, a été évoqué, les contours restent flous et aucune information officielle sur des envois de pétrole ou d’aide humanitaire russes n’a été confirmée à ce jour.
Côté chinois, lors d’une conférence de presse du 11 février 2026, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lin Jian, a déclaré : « Nous nous opposons fermement aux actions inhumaines qui privent le peuple cubain de son droit à la subsistance et au développement, et nous continuerons, comme toujours, à faire tout notre possible pour soutenir et aider Cuba. »
Il n’y a pas davantage d’éléments nouveaux officiels. La Chine apporte un soutien économique par des aides financières, un appui énergétique avec l’installation de parcs photovoltaïques et une aide alimentaire. Une annonce faite il y a quelques mois portait sur un don de 60 000 tonnes de riz, dont 4 800 ont été livrées en janvier 2026. S’y ajoute une coopération moins « visible » mais bien réelle, notamment dans la formation d’ingénieurs et d’ouvriers qualifiés via des transferts de technologies.
Prudence sur les livraisons de pétrole
Pour le moment, nous ne pouvons pas confirmer d’éventuelles livraisons de pétrole à Cuba postérieures au 29 janvier 2026. Le président cubain a expliqué que de nombreux pays avaient proposé des solutions d’aide mais que, compte tenu des menaces états-uniennes, celles-ci ne pouvaient être révélées publiquement afin de permettre leur réalisation.
Il est certain que le Mexique, la Russie, la Chine ou le Venezuela cherchent des moyens de soutenir concrètement Cuba, mais aucune livraison de pétrole n’a été officialisée. Des suivis de navires en ligne ont attesté de la présence de pétroliers dans les eaux cubaines, sans qu’il soit possible d’affirmer si du pétrole a été livré, ni par qui.
L’ambassade de Russie à Cuba a d’ailleurs dénoncé le 23 février 2026 une « fake news » selon laquelle Moscou aurait officialisé l’envoi d’un pétrolier nommé « Sea Horse », chargé de 200 000 barils de pétrole, accompagné d’un navire militaire nommé « Mad 2034 », annoncé pour début mars. En cette fin février, le Sea Horse (qui existe bien, contrairement au Mad 2034) navigue vers la zone caraïbe, mais il est impossible de confirmer sa provenance, son chargement et sa destination. La prudence s’impose.
La bataille informationnelle
Il faut également mentionner l’existence d’une campagne de désinformation autour de ces livraisons potentielles. Elle est organisée sur les réseaux sociaux et dans les médias anti-cubains basés en Floride.
Le site contre-révolutionnaire « CiberCuba Noticias » publiait ainsi le 22 février 2026 une information sur l’arrivée à Moa d’un navire chargé de 170 000 barils destinés à l’industrie du nickel. Non vérifiée et non sourcée, elle vise à semer le doute sur l’affectation des ressources énergétiques aux activités essentielles. L’article conclut que « l’envoi dans ce lieu stratégique ravive les doutes sur la priorité de la distribution des ressources face à la crise que subit la population ».
Dans la guerre hybride non conventionnelle menée par les États-Unis contre Cuba et le Venezuela, le recours aux fausses informations pour désorienter, décourager et diviser constitue un axe éprouvé, aujourd’hui amplifié par les réseaux sociaux.
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Les sources doivent donc être systématiquement vérifiées sur ce sujet ultrasensible dans le cadre de la bataille anti-impérialiste menée par Cuba et ses soutiens. Seules les sources gouvernementales des pays concernés peuvent faire foi. En matière pétrolière, il est d’ailleurs possible que les gouvernements usent eux-mêmes de prudence stratégique et ne confirment pas publiquement certains envois afin d’éviter les sanctions unilatérales des États-Unis.
Solidarités populaires et initiatives militantes
Des initiatives de solidarité non gouvernementales émergent également. Plus de 100 partis communistes et de gauche ont appelé à l’arrêt de l’agression contre Cuba et apporté leur soutien à l’île. En Europe, cet appel a été relayé par le Parti communiste portugais, le Parti communiste français et le Parti du travail de Belgique.
À l’appel du PCF et de la CGT, de nombreuses manifestations ont eu lieu en France, notamment le week-end des 14 et 15 février. Les organisations françaises réfléchissent à renforcer leur mobilisation, avec un projet d’envoi de bateau solidaire mais aussi par l’interpellation du gouvernement afin qu’il passe de la parole aux actes face au blocus.
Sur le continent américain, un projet de flottille est en cours, sur le modèle de ce qui avait été tenté à Gaza. De petits bateaux humanitaires pourraient partir de plusieurs points de la zone caraïbe afin de converger vers Cuba d’ici fin mars, à l’initiative de mouvements de gauche et internationalistes.