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Déclin productif

Les États-Unis se fissurent, la guerre économique de Trump désarme son propre pays

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Mise à jour le 26 décembre 2025
Temps de lecture : 5 minutes

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États-Unis Donald Trump Guerre commerciale

Chute de la confiance, effondrement des dépenses, explosion des licenciements et entrée de l’industrie en récession ; la stratégie tarifaire de Donald Trump, couplée à des expulsions massives de travailleurs qui ont désorganisé des secteurs entiers, se retourne contre lui. L’ambition de reconstruction se transforme en casse manufacturière, et l’effet politique est désormais impossible à dissimuler.

À l’approche des fêtes, les États-Unis s’enfoncent dans une crise silencieuse. La confiance des ménages recule à son niveau le plus bas depuis plus d’un an, et les prévisions de dépenses chutent à une vitesse que même 2008 n’avait pas connue. Pour la majorité des Américains, l’économie se détériore et la perspective de jours meilleurs s’éloigne.

Une économie qui s’enfonce et un président qui perd le contrôle

Le marché du travail, longtemps présenté comme la vitrine de son succès, se dégrade rapidement. Les licenciements atteignent leur plus haut niveau depuis la pandémie, les embauches tombent au plus bas depuis quinze ans et les petites entreprises — ces « héros de l’économie américaine » selon Trump — licencient par dizaines de milliers. Pour la première fois depuis des années, le secteur privé détruit plus d’emplois qu’il n’en crée.

La défiance s’installe jusque dans sa propre base. Près de la moitié de ses électeurs l’identifient désormais comme principal responsable de la crise du coût de la vie. Beaucoup découvrent que les promesses de prospérité reposaient sur une illusion qui ne résiste pas au réel. La communication agressive et la tournée « vérité économique » annoncée par Trump ne suffisent plus. Il apparaît comme un dirigeant dépassé par les conséquences de ses propres décisions.

Les tarifs et les expulsions massives cassent la machine

L’industrie américaine est officiellement en récession. L’indicateur national qui mesure l’activité des usines, fondé sur les réponses des directeurs industriels, montre une contraction continue depuis neuf mois. L’outil est simple : au-dessus de 50, l’activité augmente ; en dessous, elle recule. En novembre, il tombe à 48,2, confirmant que la production, les commandes et l’emploi industriel diminuent nettement.

L’administration Trump tente de rejeter la faute sur des éléments conjoncturels. Mais les faits sont têtus. D’un côté, les tarifs douaniers ont renchéri les composants importés, désorganisé les chaînes d’approvisionnement et découragé l’investissement. De l’autre, les opérations d’expulsion massive lancées depuis un an — de véritables rafles administratives visant les travailleurs sans papiers — ont retiré du marché du travail des centaines de milliers de personnes occupant des postes essentiels dans la construction, l’agroalimentaire, la logistique, l’entretien industriel, les entrepôts et la transformation.

Un tissu productif fracturé

Le choc migratoire orchestré par Trump touche directement les États où les immigrés représentaient jusqu’à 40 % des travailleurs de la manutention, de l’agroalimentaire ou de la construction. Ces secteurs fonctionnent désormais au ralenti, accentuant pénuries, retards et pertes de productivité. L’expulsion n’a pas « libéré des emplois pour les Américains » : elle a désorganisé l’économie.

Ces secteurs, déjà sous tension, se sont brutalement retrouvés à court de main-d’œuvre. La conséquence est double : envolée des coûts salariaux dans certaines régions et effondrement des capacités de production dans d’autres. Les industriels expliquent clairement que ces expulsions ont créé un choc de disponibilité du travail, aggravé ensuite par les hausses de tarifs.

Là où Trump promettait une renaissance manufacturière, il provoque au contraire une accélération de la désindustrialisation. Les petites usines, étranglées par les coûts et privées de main-d’œuvre qualifiée, ferment ou licencient. Les grandes entreprises déplacent leur production au Mexique ou en Asie pour contourner un système devenu imprévisible. La guerre commerciale était censée réarmer l’Amérique ; elle la désarme.

Une Fed sous pression politique

La Réserve fédérale doit choisir entre baisser ses taux au risque de raviver l’inflation ou les maintenir au risque de provoquer une récession ouverte. La fermeture du gouvernement a retardé les données officielles, et Trump laisse entendre qu’il remplacera Jerome Powell. La banque centrale doit décider sous menace politique, situation inédite dans l’histoire récente des États-Unis.

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