Dans les supermarchés, les ateliers, les fermes ou les commerces de proximité, l’impact est brutal : hausse des prix, coûts de production en spirale, fermetures en cascade. À tel point que même l’administration Trump a dû, en catimini, retirer certains tarifs pour éviter une explosion sociale.
Les ménages et les petites entreprises en première ligne
La campagne « Tariffs Cost US » n’a rien d’une opération partisane. Elle met en lumière l’inflation créée par les droits de douane présidentiels. Dans les caddies, la facture grimpe fortement : le panier de Thanksgiving atteint 58,81 dollars, en hausse de 4,1 %, tandis que le prix de la dinde explose de 44 %.
Le Bureau of Labor Statistics note une hausse de 2,7 % des aliments consommés à domicile. Un sondage Data for Progress révèle que 53 % des Américains auront plus de mal qu’en 2024 à financer leur repas traditionnel. Les taxes sur l’acier, le conditionnement ou les intrants agricoles se répercutent mécaniquement sur les prix. Les PME subissent de plein fouet cette spirale.
Agriculteurs, commerçants, épiciers, distributeurs de produits de beauté : tous racontent l’envolée des coûts importés et la difficulté à ne pas répercuter ces hausses sur leurs clients. Dans le Michigan, beaucoup racontent la fermeture d’entreprises familiales incapables d’absorber la pression. Le trumpisme promettait de sauver « l’Amérique qui travaille » ; il étouffe au contraire celles et ceux qui la font vivre.
Un recul forcé qui révèle les impasses du trumpisme économique
Sous la pression sociale et redoutant un revers de la Cour suprême, l’administration Trump a discrètement supprimé des droits de douane sur le bœuf, le café, le thé, le cacao, les fruits tropicaux, les épices ou encore les engrais. Un geste interprété comme un aveu.
La sénatrice Elizabeth Warren affirme : « Après des mois de hausse, Trump admet qu’il avait tort. Les Américains paient le prix de ses erreurs. » Au Congrès, le projet de loi « No Tariffs on Groceries Act » porté par la sénatrice Jacky Rosen reste bloqué par une majorité républicaine qui refuse de s’opposer au président, même lorsque son agenda plombe son propre électorat. Derrière l’argument de la fermeté face à la Chine, c’est l’Américain moyen qui se retrouve taxé à chaque passage en caisse. Une guerre commerciale qui prétend rééquilibrer le monde mais qui, dans les faits, fabrique une inflation locale et une colère sourde, sans jamais atteindre sa cible géopolitique réelle.