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Leonid Andronov/shutterstock
Sud global

Le pari sanitaire du sandinisme au Nicaragua

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Mise à jour le 31 janvier 2026
Temps de lecture : 3 minutes

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Caraïbes Santé Nicaragua Amérique latine

Depuis près de vingt ans, le gouvernement sandiniste fait de la santé publique un pilier de sa stratégie politique. Construction massive d’hôpitaux, modernisation technologique et coopération internationale structurent un modèle présenté comme une alternative au néolibéralisme.

Depuis son retour au pouvoir, le Front sandiniste a fait de la santé un marqueur idéologique fort. Le discours officiel oppose systématiquement la période actuelle aux gouvernements libéraux antérieurs, accusés d’avoir marchandisé l’accès aux soins. L’objectif est de restaurer un droit fondamental et de renforcer la présence de l’État sur l’ensemble du territoire. Lors de l’inauguration de l’hôpital de San Rafael del Sur, un responsable local évoquait « la restitution d’un droit confisqué » et la volonté de redonner dignité et accès aux soins aux populations longtemps marginalisées.

Une expansion hospitalière rapide

Le Nicaragua dispose aujourd’hui de 78 hôpitaux, 190 centres de santé et plus de 1 400 postes médicaux. En dix-huit ans, 44 hôpitaux ont été construits, soit une augmentation de plus de 130 % du parc hospitalier.

Parmi les projets récents figurent l’hôpital primaire de San Rafael del Sur, le centre d’hémodialyse Germán Pomares à Chinandega – capable de traiter près de 1 000 patients – ou encore le futur hôpital régional de Bilwi, sur la côte caraïbe. D’autres établissements sont annoncés à Waspán, El Rama, Nagarote et Ometepe, avec l’objectif affiché de désengorger Managua et de territorialiser l’offre de soins.

Technologie médicale et montée en gamme

L’effort ne se limite pas aux infrastructures. Le ministère de la Santé a récemment investi près de 19 millions de córdobas dans des équipements d’imagerie médicale de type arcs en C, déployés dans plusieurs départements. Ces dispositifs permettent des interventions spécialisées en orthopédie, chirurgie vasculaire ou neurologique, et renforcent l’autonomie des hôpitaux régionaux. Cette modernisation vise à réduire les transferts vers la capitale et à améliorer la prise en charge locale, tout en donnant une image de montée en gamme du système public.

La politique sanitaire s’inscrit enfin dans un cadre géopolitique particulier. Depuis le rétablissement des relations avec la Chine en 2021, la coopération bilatérale s’est intensifiée dans les domaines de la santé, des infrastructures et de l’éducation. Pour Managua, il s’agit d’un levier de souveraineté face aux pressions occidentales et aux sanctions.

La santé devient ainsi un outil de légitimation interne autant qu’un vecteur diplomatique. Reste posée la question de la soutenabilité financière de ce modèle, dans un contexte économique contraint et de dépendance croissante à des partenaires extérieurs.

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