L’intervention militaire menée samedi par les États-Unis constitue une déclaration de guerre aux peuples libres. Face à ce que Gustavo Petro qualifie sans détour d’enlèvement « sans base légale », la réponse de la Colombie tranche avec des décennies de soumission.
Dignité nationale contre arrogance impériale
Loin de trembler devant les menaces de Donald Trump, qui lui conseillait bassement de « faire gaffe à ses fesses », le premier président de gauche de l’histoire colombienne a réagi avec la hauteur d’un combattant.
Droit dans ses bottes et épris de franchise concernant son passé au sein du mouvement M-19, l’ancien guérillero a rappelé que si l’accord de paix de 1989 lui avait fait déposer le fusil, la défense de la patrie pourrait le contraindre à le reprendre. Cette posture de résistance s’accompagne d’une reprise en main salutaire de l’appareil militaire : le président a été clair, tout commandant préférant « le drapeau des États-Unis à celui de Colombie » doit désormais se retirer.
Vous le lisiez dans nos colonnes, « l’impérialisme est comme un chien blessé qui ne sait plus qu’aboyer ». Et en l’occurrence, ce chien est le président des États-Unis. En effet, Trump tente de salir Petro en le traitant d’« homme malade » et en colportant des fake news dont il est maître en la matière, allant jusqu’à affirmer grossièrement que le dirigeant colombien « aime prendre de la cocaïne ». Ira-t-il jusqu’à accuser Petro d’avoir entretenu une liaison avec Jeffrey Epstein ?
Ces tentatives de déstabilisation ne visent qu’à briser le front du refus. Dans ces heures sombres où le Venezuela subit les bombardements et l’ingérence, la solidarité affichée par Gustavo Petro donne une leçon au président Emmanuel Macron qui, lui, déshonore la diplomatie française.
Il est bien loin cet « air de liberté au-delà des frontières », « aux peuples étrangers qui donnaient le vertige ». Pour l’instant, c’est l’honneur des pays qui refusent la soumission qui donne le vertige.