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Humberto Matheus/shutterstock
Venezuela

À Caracas, l’État tient malgré l’agression états-unienne

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Mise à jour le 16 janvier 2026
Temps de lecture : 5 minutes

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États-Unis Macron Venezuela

Le bombardement du Venezuela puis le kidnapping de son président suscitent colère et émoi. La mise en scène orchestrée par la Maison-Blanche ne fait qu’en rajouter. Mais sur place, à Caracas, les institutions fonctionnent. Conformément à la Constitution, l’intérim présidentiel a été confié à la vice-présidente Delcy Rodríguez, afin de garantir la continuité de l’État.

Dans la nuit du 3 janvier, la Chambre constitutionnelle du Tribunal suprême de justice (TSJ) a déclaré l’« absence temporaire » du président de la République et ordonné que la vice-présidente exécutive assume immédiatement la présidence par intérim.

La structure du gouvernement préservée

Il n’y a donc pas eu de vide du pouvoir ni de rupture institutionnelle. Pas plus qu’il ne semble y avoir, pour l’heure, « d’émeutes » dans les rues de la capitale. Les procédures se déroulent dans le cadre juridique prévu. Un Conseil national de la défense a réuni l’ensemble des autorités civiles, militaires et judiciaires avant de décréter l’état d’urgence.

Les principaux dirigeants du pays appellent au calme et à la résistance. L’armée réaffirme sa loyauté à la Constitution. Le PSUV, principal parti du pays, appelle lui aussi le peuple à s’organiser dans le calme et à refuser l’agression états-unienne. Pour les autorités vénézuéliennes, la réponse s’inscrit dans le droit national et la légalité institutionnelle, bien loin des scénarios de « transition imposée » défendus depuis l’étranger.

Institutions, armée, justice. Toute la structure de l’État tient ferme pour l’instant. Le doute – légitime – plane toutefois quant aux failles éventuelles des services de renseignement et de sécurité, et à l’infiltration réussie des États-Unis dans le cercle rapproché du président. Mais un « changement de régime » est loin, très loin d’être acquis pour Washington.

Washington mise sur le choc, Caracas sur la stabilité

D’ailleurs, qui pourrait être surpris d’une telle opération ? Voilà des mois que l’armée américaine se masse au large du pays. La National Security Strategy 2025, publiée par l’administration Trump le mois dernier, présentait explicitement Washington comme le gardien exclusif de l’hémisphère, légitime à intervenir dès qu’un gouvernement ose mener une politique indépendante.

Le maillage territorial des forces armées vénézuéliennes reste important. Il s’appuie sur une organisation de plus de 5 000 communes et localités, complétée par des unités citoyennes en armes déployées sur l’ensemble du territoire. À ce stade, nul ne peut dire si la chaîne de commandement tiendra dans la durée. Mais une chose est actée : les autorités ne sont pas tombées et aucune rupture institutionnelle n’est à signaler depuis le bombardement. C’est le message qu’a adressé la présidente par intérim, appelant à « poursuivre le projet politique initié il y a 27 ans ».

Le récit américain se heurte aux faits

Lors de sa conférence de presse, Donald Trump s’est vanté d’un dialogue ouvert entre Delcy Rodríguez et son administration. Elle serait, selon lui, « prête à coopérer avec les États-Unis ».

Une affirmation que la nouvelle dirigeante du Venezuela ne dément pas, rappelant que, comme Nicolás Maduro l’a montré à maintes reprises, « le gouvernement souhaite maintenir un dialogue constructif. Or, nous n’avons reçu comme réponse que la violence et l’agression ».

Des jours très difficiles s’annoncent pour le Venezuela. Mais cette réalité tranche avec les déclarations de Donald Trump, qui affirmait hier encore que les États-Unis « dirigeraient le Venezuela jusqu’à une transition juste et sûre ». Elle tranche aussi avec les réactions de dirigeants européens – français en tête – toujours prompts à s’aligner sur Washington. Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, a dénoncé « une France rabaissée au rang de 51e État des États-Unis », en réponse à Emmanuel Macron, qui s’est dit « réjoui » de voir « le peuple vénézuélien débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro ».

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Le président vénézuélien et son épouse ont été enlevés le 3 janvier lors de l’attaque militaire des États-Unis contre le Venezuela, qui a fait une centaine de morts, de nombreux blessés et d’importants dégâts matériels, civils comme militaires. Depuis, le couple présidentiel est détenu dans une prison de Brooklyn, où il fait face à des accusations de narcotrafic.

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