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Billet d’humeur

Surarmement et défense nationale sont-ils synonymes ?

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Mise à jour le 3 janvier 2026
Temps de lecture : 3 minutes

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Armement

Dès la révélation de la cyberattaque visant le ministère de l’Intérieur, certains journalistes ont immédiatement pointé du doigt la Russie, comme réflexe quasi automatique dès qu’il est question de cybersécurité ou d’ingérence. Or, les faits sont plus prosaïques : un jeune homme de 22 ans du Limousin a été interpellé et présenté comme capable d’avoir pénétré des réseaux pourtant réputés quasi inviolables et sensibles de l’État.

Si cette version est confirmée, elle dit beaucoup moins sur une prétendue menace étrangère que sur l’état réel de nos systèmes de défense numérique. Qu’un individu aussi jeune mais apparemment bien informé des méthodes de piratage puisse accéder aux réseaux du ministère de l’Intérieur révèle une cybersécurité gravement défaillante, incapable de protéger des bases contenant des millions de données stratégiques, mais aussi des informations personnelles concernant des citoyens, des agents publics, des enquêtes et des procédures judiciaires.

L’inquiétude est d’autant plus vive que l’État affirme vouloir décupler les moyens consacrés à la production d’armes et aux équipements militaires. Mais comme je l’ai déjà écrit dans un article de Liberté Actus, cette fuite en avant masque une réalité plus dérangeante : on peut émettre de sérieuses inquiétudes sur nos capacités de défense que le pouvoir confond avec l’achat par l’argent des Français d’armements toujours plus nombreux, sophistiqués et extrêmement coûteux pour répondre aux lobbys des fabricants d’armes et de leurs commanditaires du grand capital.

Quand on sait que nombre de ponts en France ne supporteraient même pas le passage d’un char d’assaut, tant leur état est périlleux, que la cybersécurité de l’État elle-même est vulnérable, que nos services publics dont nos hôpitaux sont fortement dégradés avec des urgences au bord de l’asphyxie, que notre sidérurgie est bradée, le discours sur le « surarmement » apparaît pour ce qu’il est : un choix industriel et financier, destiné avant tout à alimenter les profits des capitalistes de l’armement, bien plus qu’à protéger la nation.

Car la défense nationale est un tout et il faut qu’à l’intérieur du pays tout fonctionne avec une mobilisation d’acier pour les citoyens qui doivent trouver dans les dirigeants un soutien moral total et une attitude exemplaire. Appeler à l’esprit de sacrifice les citoyens quand les dirigeants ont tant de mal à montrer l’exemple, cherchez l’erreur ! On est loin du compte, non ?

Entre infrastructures civiles à l’abandon et défenses numériques en lambeaux, cette cyberattaque agit comme un révélateur brutal : la France est sans doute tout aussi menacée, voire moins, par des hackers d’ennemis potentiels que par ses propres renoncements stratégiques en matière industrielle, sanitaire et sociale !

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